Michaël Delafosse : « On m'a proposé d'implanter des antennes relais 5G sur les bâtiments publics. J'ai dit non »

Lundi 5 octobre, à l'issue du conseil municipal, Michaël Delafosse, maire de Montpellier, s'est exprimé sur le déploiement de la 5G dans la ville. Il est contre le déploiement des antennes relais mais ne s'est pas prononcé sur la mise en place d'une consultation citoyenne locale. 
Montpellier, ville test de la 5G en France
Montpellier, ville test de la 5G en France © AFP / Fabrice Coffrini
Pas de débat local sur la 5G. Lundi 5 octobre, Michaël Delafosse s'est exprimé sur le déploiement de la 5G dans la ville. À l'issue du conseil municipal, le maire de Montpellier a répondu à la question de l'élue d'opposition Alenka Doulain sur un possible moratoire : « le débat a lieu de manière claire dans la société ». Il ajoute : « Je peux vous dire que récemment, on m'a proposé des antennes relais 5G sur les bâtiments publics. J'ai dit non. Nous allons voir les décisions engagées au niveau national ». Sa motivation est environnementale : « Si c'est pour polluer davantage la ville, je dis non. Très clairement. »
 

Si c'est pour polluer davantage la ville, je dis non. Très clairement

Michaël Delafosse


Une prise de position pas assez claire 

Le 13 septembre 2020, une soixantaine d'élus ont signé une tribune dans laquelle ils réclament au gouvernement d'organiser un moratoire sur le déploiement de la 5G. Michaël Delafosse ne l'a pas signé. Au grand regret d'Alenka Doulain qui a publié sur ses réseaux le 25 septembre 2020 un message demandant au Maire de Montpellier de s'inscrire « dans l'esprit de la tribune parue le 13 septembre et d'organiser une consultation citoyenne locale sur la 5G ». C'est la raison pour laquelle la conseillère de Montpellier a relancé le débat lundi matin. Elle aurait aimé une prise de position claire : « Il n'avait pas préparé sa réponse. On a besoin d'un maire qui protège la population, pas les intérêts des opérateurs ».
Le groupe d'Europe écologie les Verts a aussi interpellé le Maire sur la question.  « Il faut un moratoire national et un débat public » dit Manu Reynaud, président du groupe au conseil municipal. « Le vrai problème, c'est le rapport à la technologie. Progrès ou pas progrès, la 5G pose des problèmes en terme d'énergie et de sanitaire. » Sollicité, Michaël Delafosse, ne souhaite pas en dire plus sur la question. 


Montpellier, ville test 

Au 1er octobre 2020, 54 stations Orange ont été installées dans la métropole pour expérimenter la 5G. Le réseau est donc déjà présent dans la ville. Y compris sur les bâtiments publics de la commune : certaines stations tests sont déjà installées sur plusieurs châteaux d'eau de Montpellier. Michaël Delafosse pourra donc, dorénavant, refuser de nouvelles installations mais il ne pourra pas l'empêcher sur des bâtiments privés. Sauf interdiction totale, la 5G continuera à être déployée à Montpellier.

Car les maires ont peu, voire pas de possibilité d'interdire l'implantation des antennes relais dans leurs villes. En 2011, le Conseil d'Etat a déjà tranché sur la question. Seulement trois autorités peuvent réglementer l'implantation des antennes relais : le ministre chargé des communications électroniques c'est-à-dire Cédric O, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes et l'Agence nationale des fréquences. Il peut cependant être « informé, à sa demande, de l’état des installations radioélectriques exploitées sur le territoire de sa commune »


Le principe de précaution 

En revanche, le maire peut jouer du principe de précaution pour ralentir le processus. Il est inscrit dans l'article 5 de la charte de l'environnement : « Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en oeuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ». L'ANSES a mis en évidence « un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires ». Une expertise pour évaluer les risques est en cours. 

 

Un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires

ANSES



La carte des stations 5G est à retrouver sur le site de l'Agence Nationale des Fréquences

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie numérique économie