Mission Alpha et Montpellier : Thomas Pesquet va pédaler en France depuis l'ISS grâce à un casque de réalité virtuelle

Ce vendredi, Thomas Pesquet s'est envolé pour la Station spatiale internationale. Dans ses valises, il a embarqué un casque de réalité virtuelle développé dans l'Hérault. L'astronaute pourra l'utiliser pendant ses séances d'entraînement à vélo dans l'espace, pour voyager tout en gardant la forme.

Grâce à ce casque, il est possible de pédaler virtuellement hors de son salon... ou de l'ISS !
Grâce à ce casque, il est possible de pédaler virtuellement hors de son salon... ou de l'ISS ! © Stéphane Taponier / France Télévisions.

Ce vendredi matin, toute l'équipe de Fit Immersion est réunie devant la télévision pour assister en direct au départ de Thomas Pesquet vers la Station spatiale internationale (ISS). Le spationaute européen s'envole pour une mission de six mois.

Sur les visages, on lit la fierté : pour la première fois, l'un des casques de réalité virtuelle de cette start-up, créée à Montpellier, va voyager dans l'espace. "On est très heureux de participer à cette mission Alpha : nous sommes contents d'avoir pu relever le défi", s'émeut Dimitri Prikhodko, à la tête du projet.

Cet ancien sportif semi-professionnel, aujourd'hui reconverti dans les nouvelles technologies, développe depuis 2017 des parcours d'entraînement en réalité virtuelle et à 360 degrés, pour les amateurs de vélo en salle ou à la maison.

L'idée est venue d'un besoin personnel : je trouvais ça embêtant de m'entraîner sur un vélo d'appartement en intérieur. Et en faisant des tests en salle de sport, je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul. Donc, je me suis lancé dans l'aventure.

Dimitri Prikhodko, fondateur de Fit Immersion.

Paris, Marseille, Saint-Pétersbourg... depuis l'espace

Mais récemment, c'est pour un tout autre projet que Dimitri Prikhodko a été contacté. Le Centre national d'études spatiales (Cnes) lui a demandé de proposer plusieurs circuits pour que Thomas Pesquet puisse sillonner les routes terrestres depuis son vélo d'entraînement à bord de l'ISS.

Sur les quinze parcours disponibles dans la base de Fit Immersion, le Cnes en a sélectionné trois : Paris pour le côté touristique, le col de la Gineste près de Marseille pour faire travailler les mollets et Saint-Pétersbourg pour le dépaysement. Chaque session s'étend sur environ 10 kilomètres et dure en moyenne 30 minutes.

La question de la gravité

Pour élaborer ce projet, la start-up a été confrontée à de nombreuses problématiques : comment adapter son produit à l'espace ? Y a-t-il un risque d'être désorienté lorsqu'on pédale tête à l'envers ? Des tests en vol parabolique zéro gravité, réalisés en 2020, ont permis d'apporter les réponses nécessaires.

Quand on se retrouve en absence de gravité, on n'a plus cette attraction terrestre et on a dû adapter le casque à ça. Il a fallu mettre en place des choses pour mesurer l'orientation de façon différente. Le challenge, c'était vraiment de reproduire les mêmes sensations que sur Terre.

Dimitri Prikhodko, fondateur de Fit Immersion.

Les différents parcours ont été expérimentés par Thomas Pesquet sur la terre ferme avant son départ. "Ses équipes nous ont dit que le premier test réalisé sur Terre était positif. Il va utiliser le casque quelques fois pendant son vol et il aura un questionnaire à son retour pour savoir si ses sensations étaient bonnes dans l'espace", développe Dimitri Prikhodko.

Une chose est sûre : si l'expérimentation est un succès, le champ des possibles deviendra infini. Et la jeune pousse de Montpellier, qui ne compte aujourd'hui que six membres, ne souhaite pas s'arrêter en si bon chemin. Elle envisage notamment de développer des circuits pour plonger les amateurs de vélo dans l'adrénaline des grandes courses cyclistes.                                           

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