À Montpellier, deux appartements seront mis à disposition par la Justice pour éloigner les conjoints violents

Une affiche de prévention au siège du centre d'appel de la fédération nationale solidarité femmes à Paris (photo d'illustration). / © Christophe Petit Tesson / MAXPPP
Une affiche de prévention au siège du centre d'appel de la fédération nationale solidarité femmes à Paris (photo d'illustration). / © Christophe Petit Tesson / MAXPPP

Courant 2020, deux appartements de Montpellier seront réservés à l'hébergement de conjoints suspectés de violences intraconjugales, sous l'impulsion du procureur de la République. Ils permettront d'éloigner de leurs foyers ces mis en causes sans pour autant en faire des sans-abris.

Par Valentin Pasquier

Dans l'Hérault, le parquet se mobilise pour lutter contre les comportements violents au sein des couples, dont 81% des victimes sont des femmes.
"Courant 2020", le procureur de la République mettra à disposition deux logements dans Montpellier afin d'héberger les conjoints violents sommés de quitter leur domicile familial par décision de justice.

Fabrice Bélargent vient d'obtenir un financement à hauteur de 26 000 euros de la part de la préfecture.
 

Un dispositif temporaire


"Le projet, c'est de sanctuariser deux appartements pour héberger, en attente de leur jugement, les personnes mises en cause pour des faits de violences intra-conjugales [c'est-à-dire au sein d'un couple, NDLR]souligne-t-il à propos de ce dispositif destiné à être temporaire.
 

Il faudra accepter que ces appartements puissent rester inoccupés pendant plusieurs mois," si aucun prévenu n'en a besoin, ajoute-t-il.


Ce dispositif, conforme aux préconisations du Grenelle des violences conjugales, le magistrat du ministère public l'avait déjà initié lorsqu'il était en poste au Mans et à Reims.

 

Dans le logement, il restera placé en contrôle judiciaire" Fabrice Bélargent, procureur de Montpellier



Lorsque la personne est sous le coup d'une procédure d'éloignement, "on lui notifie sa date d'audience, souvent entre 2 et 4 mois, puis il déménage dans ce logement où il sera placé sous contrôle judiciaire. Celui-ci sera assuré par l'Association d’entraide et de reclassement social (AERS) avec qui nous travaillons."
 

De suspect à sans-abri

En plus de l'accueil matériel, le mis en cause fera l'objet d'un suivi socio-éducatif tout au long de son séjour, dont le bilan sera présenté devant la Justice le jour de l'audience.

Qu'a motivé la création de ce dispositif dans l'Hérault ? "Certains mis en cause qui se voient dans l'obligation de quitter leur domicile ont des ressources, peuvent bénéficier de l'aide de proches. Mais d'autres se retrouve à la rue ou dorment dans leurs voitures. On ne veut pas faire de l'auteur présumé un sans-abri non plus," confie Fabrice Bélargent. La meilleure prise en charge, c'est celle qui inclut les victimes comme les auteurs des violences.".
 

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