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Montpellier : un jeune Gilet Jaune jugé ce 31 mai redoute une condamnation qui pourrait aggraver sa précarité

Mathieu David, Gilet jaune montpelliérain jugé le 31 mai 2019, redoute que sa précarité ne s'aggrave s'il est condamné et conteste une partie des faits qui lui sont reprochés. / © Nicolas Chatail, France 3 Occitanie
Mathieu David, Gilet jaune montpelliérain jugé le 31 mai 2019, redoute que sa précarité ne s'aggrave s'il est condamné et conteste une partie des faits qui lui sont reprochés. / © Nicolas Chatail, France 3 Occitanie

Ce vendredi, Mathieu David, jeune graphiste de Montpellier et Gilet Jaune, est convoqué devant le tribunal correctionnel pour une altercation verbale avec des policiers qu'il nie en partie. Il redoute une condamnation qui aggraverait sa précarité. Un rassemblement de soutien est prévu.

Par Valérie Luxey

Ce 31 mai à 14 heures, Mathieu David est convoqué, pour la première fois de sa vie, devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Ce jeune graphiste, engagé dans le mouvement des Gilets Jaunes depuis le 3ème weekend de mobilisation, encourt une peine de prison avec sursis et une amende pour une altercation verbale avec des policiers. Il nie une partie des faits qui lui sont reprochés et redoute une condamnation qui pourrait aggraver sa situation financière précaire.


Collaborateur du journal "Nous sommes Gilets Jaunes"


Mathieu David fait partie de la petite équipe rédactionnelle de l'hebdomadaire montpelliérain "Nous sommes Gilets Jaunes". Il met ses qualités artistiques et son savoir faire de graphiste au service de ce mouvement social depuis plusieurs mois, parce qu'il rejette un système économique qu'il juge injuste.


Rejet d'une partie des accusations


Pour autant, il dit ne pas cautionner les abus, les violences dans les manifestations, tout en revendiquant le droit de défiler dans la rue. Le 23 mars 2019, il a terminé la manifestation en garde à vue. Trois chefs de mise en examen sont retenus contre lui. S'il admet avoir outragé les agents, il rejette les accusations de rébellion et groupement dans une manifestaion en vue de commettre des dégradations ou violence, images à l'appui :
 

Je n'ai aucun geste violent envers les CRS. La seule violence que j'ai eue envers eux, c'est d'avoir bêtement insulté le corps de la police, mais c'est tout. Je n'avais aucun matériel sur moi pour dégrader, je ne protais pas de casque et je ne masquais pas mon visage. [...] Casser, c'est contreproductif pour le mouvement, je trouve.


Etudes interrompues faute d'argent et chômage


Le jeune homme a développé une conscience politique au contact du mouvement des Gilets Jaunes après avoir dû interrompre, faute d'argent, ses études à l'ESMA, prestigieuse école d'arts appliqués de Montpellier. Désormais au chômage, il tente de rebondir en créant des jeux vidéo. Il craint avant tout une condamnation trop lourde qui mettrait un coup d'arret à ses projets :
 

Ce que je redoute, c'est la condamnation : du sursis, c'est pas rien ! Surtout pour prétendre à une embauche, pour des questions financières aussi, si j'ai une amende à payer, parce que j'ai mon crédit étudiant que je rembourse actuellement et c'est pas évident.


Rassemblement de soutien à 13 heures 30


Depuis son interpellation, Mathieu David n'est plus autorisé à manifester en centre-ville de Montpellier le samedi, en attendant sa comparution en justice ce 31 mai. Un rassemblement de soutien est prévu à 13 heures 30 ce vendredi.


40% des Gilets Jaunes jugés condamnés à de la prison ferme


Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, en novembre 2018, 40% des manifestants jugés ont été condamnés à de la prison ferme, selon les chiffres des parquets remontés au ministère de la Justice. Voici le reportage de Caroline Agullo, Nicolas Chatail et Sauveur Vanni.
 
Montpellier : Mathieu David, Gilet jaune, redoute les conséquences d'une éventuelle condamnation
Vendredi 31 mai 2019, Mathieu David, graphiste et Gilet jaune, est jugé à Montpellier pour une altercation verbale avec des policiers lors d'une manifestation. Il conteste une partie des faits et redoute un jugement qui pourrait aggraver sa situation financière précaire. - France 3 Occitanie - Caroline Agullo, Nicolas Chatail, Sauveur Vanni

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