Montpellier : le karnaval des gueux interdit par le maire et le préfet

Malgré l'interdiction, plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés l'an dernier, dans une ambiance calme et festive au début seulement - février 2018 / © France 3 LR
Malgré l'interdiction, plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés l'an dernier, dans une ambiance calme et festive au début seulement - février 2018 / © France 3 LR

Philippe Saurel, qui a décidé d'interdire le Karnaval des gueux prévu mardi 5 mars, a demandé à la préfecture et au ministère de l’intérieur de réagir. La préfecture vient de prendre un arrêté pour interdire cette manifestation réputée houleuse.

Par Joane Mériot

Le Karnaval des gueux qui doit se dérouler ce mardi 5 mars dans le centre-ville de Montpellier est donc un nouvelle fois interdit. Le maire avait écrit au ministère de l’intérieur et à la préfecture pour qu’une décision soit prise en ce sens.


Le Karnaval des gueux n'est plus une manifestation populaire. C'est une manifestation dont le but est de casser le centre-ville,

estime Philippe Saurel


La préfecture a confirmé de son côté l’interdiction de la manifestation : un arrêté préfectoral a été pris vendredi "à la suite d'un travail engagé depuis plusieurs semaines avec l'ensemble des acteurs de laécurité et avec les représentants des commerçants de Montpellier" selon le communiqué de la prefecture.


Une manifestation devenue une "émeute"


Pour Pierre Pouëssel, préfet de l'Hérault, le "Karnaval des  Gueux" qui est devenue l'occasion pour des fauteurs de trouble de s'en prendre aux commerces et établissements de Montpellier et d'agresser des particuliers et le représentants de la force publique.

Depuis plusieurs années, des débordements récurrents sont constatés lors de cet événement qui s’apparente davantage à une émeute qu’à une manifestation.

souligne le prefet par écrit.

L’absence d’organisateur identifié et de déclaration préalable accompagnée du parcours prévisionnel ont également justifié cet arrêté d’interdiction.


Périmètre d’interdiction

Un périmètre d’interdiction a été déterminé avec la mairie de Montpellier. Dans le secteur du centre ville : Ecusson / Plan-Cabane / Gare.
La vente, transport et la consommation de boissons alcoolisées seront interdites, tout comme la détention et l'utilisation d'engins pyrotechniques, armes par destination

Toute violation à cet arrêté expose ses contrevenants à mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende rappelle la préfecture qui demande aux particuliers de ne pas se mêler aux "émeutiers pour éviter de s'exposer à ces sanctions".


Eviter les dégâts de l’année dernière


L’année passée déjà, la manifestation avait été interdite par la mairie et la préfecture ce qui n’a pourtant pas empêché près de 200 personnes de se rassembler.
 

 

 

Ils veulent interdire une manifestation populaire !


s'indigne Augustin, qui va braver l'interdiction.

Selon l'AFP, des participants proches de la mouvance anarchiste ont dénoncé vendredi une "nouvelle atteinte au droit de manifester" et des "violences récurrentes de la police" lors de cet évènement. 

L’année dernière, comme en 2017 d’ailleurs la manifestation a dégénéré provoquant de nombreux dégâts sur les commerces et le mobilier de la ville de Montpellier. Des heurts avaient même éclaté entre les policiers et les manifestants.

Au total, quatre fonctionnaires de police avaient été blessés dont un sérieusement, atteint par une bouteille à la bouche.
Des poubelles avaient été brûlées, des panneaux publicitaires détériorés. Et cinq manifestants interpellés. 

Certains internautes ont déjà réagi à ces annonces, sur le groupe facebook du Karnaval, plusieurs dizaines de personnes sont déjà inscrites.
Sur Twitter, d’autres appellent à manifester.

Sur le même sujet

Les + Lus