Montpellier : l'imam Khattabi poursuivi pour viols sur mineur pourrait être jugé aux Assises

Le procès de l'imam Khattabi, accusé d'agressions sexuelles aggravées et viols sur son ex-belle-fille mineure, devait se tenir ce 25 janvier devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Mais son avocate a fait valoir l'incompétence de la juridiction, le dossier pourrait être jugé aux Assises.

L'imam Khattabi à la cité judiciaire de Montpellier - avril 2016.
L'imam Khattabi à la cité judiciaire de Montpellier - avril 2016. © France 3 LR

Déjà reporté en juin 2020 pour supplément d'information, le procès de l'imam Khattabi a été annulé ce lundi 25 janvier 2021. Alors que l'audience se tenait devant le tribunal correctionnel de Montpellier, c'est l'avocate de l'imam qui a demandé cette annulation, soulevant l'incompétence de la cour. Les magistrats ont suivi la requête.

Une demande inattendue de la part de la défense puisque ce rebondissement judiciaire peut ouvrir une instruction criminelle, si le parquet le juge utile et/ou le décide. Cela entrainerait une enquête plus poussée et les faits seraient alors passibles des Assises. Avec à la clé, si l'accusé est reconnu coupable, une peine de prison très lourde.

Pour le cabinet parisien qui assure la défense de Mohamed Khattabi et pour Me Hélène Jouny, joint par téléphone, c'est la fin de cette procédure correctionnelle.

A notre demande, le dossier a été renvoyé au parquet pour une meilleure orientation. Si le procureur de la République de Montpellier demande l'ouverture d'une instruction, mon client aura enfin la possibilité de répondre aux allégations de la plaignante lors de l'enquête criminelle. Et il le fera volontiers, il ne redoute ni les faits, ni la confrontation.

Me Hélène Jouny, avocate de M.Khattabi.

Agressions sexuelles, viols et rituels religieux ?

Les faits se seraient produits entre 2005 et 2017. L'imam est accusé d'agressions sexuelles aggravées et viols sur une ex-belle-fille mineure. Elle avait 15 ans au début des violences. L'imam aurait profité de rituels religieux et de cérémonies de désenvoutement pour abuser de la fille de son compagne qui l'accuse de viols.

La victime a dénoncé ces agressions à sa famille et des amis en 2017 mais il lui a fallu 2 ans de thérapie pour pouvoir porter plainte en 2019.

L'imam déjà bien connu des forces de l'ordre et de la justice, âgé aujourd'hui de 60 ans, nie les faits et les accusations.

Vers un procès aux Assises ?

La demande de l'avocate de l'imam a donc été entendue et le procès annulé. Mais le parquet de Montpellier peut désormais décider de l'ouverture d'une information judiciaire. Elle pourrait durer des mois. A l'issue, l'affaire pourrait être jugée aux Assises ou revenir devant le tribunal correctionnel si le parquet estime qu'il n'y a pas eu viol(s) ou pour un motif d'administration de la justice. Mais dans ces cas, la partie civile doit être d'accord. Et l'avocate de la victime, Me Cécile Sauvage, a confié à France 3 Occitanie qu'en accord avec sa cliente, elle s'y opposerait.

Donc, le dossier serait passible des Assises.

Les faits sont graves et sérieux. Après 2 ans de thérapie, ma cliente est plus forte, elle peut supporter une procédure longue aux Assises puisque la défense l'a demandée. Elle ne redoute plus l'ascendance de son ex-beau-père.

Me Cécile Sauvage, avocate de la plaignante.

L'imam et son passé

Vu le passé et le passif judiciaire de l'imam Khattabi, la décision de son avocate Me Hélène Jouny est surprenante. L'ouverture d'une instruction criminelle, outre le rallongement du délai de jugement, est synonyme d'enquête de personnalité et d'expertise psychiatrique.
L'imam Khattabi a été condamné en 2016 à 6 mois de prison avec sursis pour recel de fraude aux allocations et recel de travail dissimulé. En 2015, lors de l'Etat d'urgence, après les attentats, il avait été assigné à résidence suite à une perquisition et à ces discours radicaux à la mosquée.
Des actes et condamnations qui n'ont rien à voir avec cette affaire mais qui ne plaident pas en sa faveur, surtout face à un jury d'assises.

 

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