Montpellier : nouvel incendie dans un camp de Roms, les associations humanitaires réclament une enquête

Un nouvel incendie a ravagé un bidonville dans le quartier Port-Marianne à Montpellier, tôt ce jeudi matin. Le feu a rapidement été maîtrisé par les pompiers. Il n'y a pas de victime, une dizaine de familles roms doit être relogée. Une série de sinistres suspecte pour les associations humanitaires.

Un sinistre de plus dans un bidonville de Montpellier ! Le 3e en 3 semaines...
Cet incendie s'est déclaré vers 5 heures du matin dans un camp illicite de Roms, installé avenue Nina Simone, dans le quartier Port-Marianne.

Le feu, dont l'origine reste inconnue, a ravagé 10 caravanes et 4 voitures. Les flammes ont vite été maîtrisées par les sapeurs-pompiers du SDIS 34, qui n'ont pas fait part à la presse de leur intervention.

Selon la préfecture de l'Hérault, seule autorité à communiquer pour le moment sur ce nouveau sinistre, "les 50 occupants du bidonville ont pu être évacués dans le calme".

Aucune victime n'est à déplorer, mais 10 familles se retrouvent sans toit, à la rue. La Croix-Rouge de l'Hérault a fait savoir sur son compte tweeter que ses équipes allaient mettre en place un accueil d’urgence pour ces personnes.

La préfecture justifie les évacuations

Ce nouveau sinistre permet à la préfecture de l'Hérault de justifier les dernières évacuations du mois dernier : "Après les incendies des 5 et 31 août dans les bidonvilles du "Mas Rouge" et du "Zénith 2", ce nouvel incident grave qui impacte un campement illicite rappelle les risques importants en termes de sécurité auxquels sont exposés ses occupants" souligne son communiqué. 

Cette situation de péril est de nature à justifier une évacuation et la mise à l’abri des populations présentes (...) Il y a nécessité à résorber aussi rapidement que possible les bidonvilles de la métropole de Montpellier qui constituent à la fois un danger pour les familles qui y vivent et un risque pour la collectivité. C’est une question de responsabilité.

Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault.

Une plainte déposée devant le procureur de la République

Jointe par téléphone dans la matinée, Sophie Mazas, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme de l’Hérault, est consternée par la nouvelle : 

Désormais à Montpellier, il y a des centaines de personnes avec des enfants à la rue, c’est catastrophique sur le plan humain ! 

Sophie Mazas, présidente de la LDH de l'Hérault.

"Nous avons reçu des témoignages qui attestent que "des gros bras" sont venus terroriser les familles la nuit après l’incendie au zénith 2 pour les inciter à partir. Trois départs de feu en quatre semaines dans ces camps, c’est du jamais vu ! Il n'y a jamais eu d’incendie en 7 ans dans ces bidonvilles. Nous réclamons une enquête de police sur l'origine de ces sinistres" affirme l'avocate montpelliéraine qui se dit aussi très déçue par l'absence de réaction du maire de la ville.

Elyse de Foucauld, une avocate de Montpellier qui a souvent plaidé la cause de familles Roms vivant dans ces bidonvilles, a même déposé plainte devant le procureur de la République de Montpellier, dans l'espoir que ce dernier ordonne l'ouverture d'une enquête judiciaire.

Différents témoins ont vu à plusieurs reprises des hommes cagoulés et armés tirant en l'air près des camps du Mas rouge et du Zénith. L'incendie de la nuit dernière n'est pas lié à un court circuit car les familles ont allumé la lumière lors du départ de feu. D'ailleurs, avec les pluies diluviennes qui sont tombées, on se demande comment le feu aurait pu prendre seul. Un témoin aurait vu un cocktail Molotov.

Elyse de Foucault, avocate à Montpellier

L'avocate explique en outre que par deux fois, la police est venue dans les camps à l'appel des familles effrayées par ces tireurs cagoulés, mais elle ne comprend par pourquoi aujourd'hui la police scientifique n'est pas encore venue sur place relever les indices.

Sur sa page Facebook, l'association Médecins du Monde déplore également ce nouvel incendie qui se produit "dans le contexte d'un climat délétère marqué par des discours dégradants et stigmatisants vis à vis des personnes vivant en bidonvilles tenus par le plus haut représentant de l'Etat dans le département.".

Après celles du Mas Rouge et du Zénith 2 qui se sont déroulées ces dernières semaines, les associations humanitaires de Montpellier redoutent que ce troisième incendie entraîne de nouvelles expulsions.

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