A Montpellier, ouverture d'un centre pour les auteurs de violences conjugales

A Montpellier, dans l’Hérault, les auteurs de violences conjugales seront bientôt pris en charge dans un nouveau centre : l’objectif est de favoriser la prévention en évitant les passages à l’acte ainsi que les récidives. La structure ouvrira ses portes avant la fin de l'année.

A Montpellier, dans l'Hérault, un centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales va ouvrir ses portes avant la fin de l'année. Les victimes de ces violences, quant à elles, peuvent contacter le 3919.
A Montpellier, dans l'Hérault, un centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales va ouvrir ses portes avant la fin de l'année. Les victimes de ces violences, quant à elles, peuvent contacter le 3919. © Thomas Padilla / MAXPPP.
"Il s’agit d’une promesse tenue (…) pour toujours mieux protéger les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants." Dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, lancé il y a plus d’un an, Elisabeth Moreno, ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes annonce l’ouverture en France de 16 centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales, avant la fin de l’année.

L’un d’entre eux se situe dans l’Hérault, à Montpellier.

Ces centres proposeront aux auteurs de violences conjugales un accompagnement psychothérapeutique et médical afin, par exemple, de traiter les addictions, auquel pourra être assorti un accompagnement socioprofessionnel visant notamment à l’insertion dans l’emploi.

Selon une source ministérielle, le budget consacré à l’ouverture de ces centres régionaux est de 74 000 euros pour l’année 2020. "Le financement du ministère avoisine les 50 000 euros, ensuite ce sont les conseils régionaux et départementaux qui complètent le budget" affirme cette même source.

"Une véritable avancée"

Ce projet est né d'un travail de L'AERS (l’Association d’Entraide et de Reclassement Social) qui a participé à l’appel à projet avec d’autres associations telles que Via Voltaire, La Clède (dans le Gard), la Traverse (en Lozère) et l’APEX (dans les Pyrénées-Orientales).

"C’est un centre mais avant tout une plateforme de coordination entre les différents dispositifs présents sur le territoire" précise Véronique Tirode, directrice générale de l’AERS.

L’auteur des violences conjugales pourra se rapprocher du centre de façon volontaire ou bien dans le cadre d’une obligation judiciaire.

Nous lui ferons plusieurs propositions, allant du stage de responsabilisation, l’entretien à visée thérapeutique ou encore un hébergement dans le cadre d’une mesure d’éloignement.

Pour l’instant, seules les "grandes lignes" sont dessinées. "Tout reste à affiner, comme, par exemple, un numéro de téléphone unique où l’on pourrait joindre le centre. En tous les cas, c’est une véritable avancée" se réjouit Véronique Tirode.

Prendre en charge les hommes violents pour mieux protéger les victimes

"Il faut savoir que si nous traitons les auteurs de violences conjugales, c’est pour protéger les victimes" insiste un membre du ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes.

Pour Marie-Noëlle Lanuit, la présidente de l’association "Women’s March" à Montpellier, la création de ce centre est une très bonne nouvelle. "La principale manière d’éradiquer ces violences est l’éducation mais la prise en charge des hommes violents dès la première alerte est indispensable."

Il faut tout de suite signaler ces violences. Ce ne sont pas forcément des coups, des blessures. Cela peut également être une violence psychologique. Dès la moindre humiliation, il faut en parler, à n’importe quelle personne mais il faut en parler.

Si vous êtes victimes de violences au sein de votre foyer, vous pouvez vous adresser au planning familial, à l’association Via Voltaire, au Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles, à France Victimes 34, à l’association Nuage de Montpellier ou appeler le 3919. Ce numéro est gratuit, anonyme et ne figure pas sur les factures de téléphone. Il est accessible de 9 heures à 19 heures du lundi au samedi.

En cas d'urgence, contactez directement 
 
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