Montpellier : le tribunal de commerce juge les 2 offres de reprises d'Orchestra "insuffisantes", décision le 16 juin

Les salariés du groupe Orchestra Prémaman vont encore devoir attendre jusqu'au 16 juin pour être fixés sur le sort de leur entreprise basée à Saint-Aunès. Le tribunal de commerce de Montpellier a repoussé sa décision car il juge les 2 offres de reprise "insuffisantes".
Saint-Aunès (Hérault) - le siège d'Orchestra Prémaman- Mai 2020.
Saint-Aunès (Hérault) - le siège d'Orchestra Prémaman- Mai 2020. © F3 LR C.Barbet

Les 2 repreneurs potentiels du groupe héraultais Orchestra Prémaman, Pierre Mestre avec la société NewOrch et le groupe saoudien Al-Othaim, vont devoir revoir leurs copies.

Le tribunal de commerce de Montpellier qui devait statuer ce jeudi sur une reprise a décidé de repousser l'étude des dossiers et sa décision au 16 juin. Les repreneurs ont jusqu'au 11 juin 18h pour redéposer un dossier avec "une offre simplifiée, purgée de tout élément aléatoire ou de condition suspensive et présentant les garanties financières suffisantes pour financer le prix d'acquisition et les besoins en fonds de roulement futurs".

 

La justice a jugé ceux en sa possession trop succincts.

 

Les offres présentées par les deux candidats cessionnaires sont insuffisantes en l'état compte tenu des enjeux et de la nature des actifs cédés "explique le jugement du tribunal de commerce.

 

En attendant une décision, la procédure d'observation est maintenue jusqu'au 24 septembre 2020.

"Je suis bien évidemment satisfait de cette décision puisqu'elle est conforme à la requête que j'ai faite", a réagi auprès de l'AFP Ralph Bindauer, avocat des salariés.

 

La motivation me convient bien puisque c'est une invitation aux deux candidats à améliorer leur offre, donc ce qui va sortir de ce dossier sera forcément meilleur que ce qu'il y a actuellement, les salariés ont tout lieu d'être satisfaits.

 

2 offres de reprise

Deux repreneurs se disputent donc Orchestra-Prémaman, société spécialisée dans les vêtements pour enfants et la puériculture mais dans la tourmente financière depuis septembre 2019.

Il faut un investissement d'environ 30 millions d'euros pour recapitaliser Orchestra.

Pierre Mestre, patron et créateur d'Orchestra en 1995, est candidat à la reprise de son groupe avec une nouvelle société, baptisée NewOrch.

Le dossier de reprise prévoit environ 150 suppressions d'emplois et la fermeture de l'entrepôt logistique de Saint-Aunès, proche de Montpellier, qui emploie 130 salariés. Celui-ci serait transféré dans le Pas-de-Calais à Arras.

Reprise de 960 postes sur 1.260. Fermeture de l'entrepôt logistique de Saint Aunès qui emploie 131 personnes.

Apport de 1,5 million d'euros, en plus des 15,5 millions d'euros de prix de cession.

 

Le groupe saoudien Al-Othaim, via sa filiale Othaim Investment Company, est aussi candidat. Il possède déjà 4% du capital d'Orchestra depuis 2016.

Le dossier de reprise envisagerait "la sauvegarde immédiate d'une partie importante de l'emploi, le maintien du siège à Saint-Aunès et de l'entrepôt logistique de Montpellier".

Reprise de 1.111 postes sur 1.260. L'entrepôt de Saint-Aunès est conservé.

Apport de 35 millions d'euros en fonds de roulement.

 

Plan de sauvegarde, redressement judiciaire et dette

 

Orchestra-Prémaman, emploie actuellement 1.260 collaborateurs contre 2.920 avant la crise. Car les pertes ont débuté en mai 2017, après le mariage avec le groupe américain Destination Maternity en décembre 2016, un rachat finalement avorté "pour des raisons de réglementation boursière" en juillet 2017.

Placée en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Montpellier depuis deux ans, la société est en redressement judiciaire depuis la fin avril. Sa dette serait d'environ 650 millions d'euros.

En 2020, Orchestra a perdu plus de 600 emplois et fermés 125 magasins notamment en Belgique et au Luxembourg.

 

Des salariés inquiets pour leurs emplois

Une partie des salariés a manifesté le 29 mai dernier devant le siège de l'entreprise près de Montpellier, contre le plan de reprise de leur ex-patron. Ils préfèrent l'offre saoudienne à celle de Pierre Mestre, fondateur d'Orchestra. L'entreprise étrangère injecterait plus d'argent pour redresser la trésorerie et elle permettrait de sauver 2 fois plus d'emplois, selon les syndicats.

 

 

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