"On veut faire du qualitatif, pas du quantitatif". Les psychologues de l'Education nationale manifestent et dénoncent une situation devenue insoutenable

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Les psychologues de l'Éducation nationale se mobilisaient ce jeudi 6 juin partout en France, y compris à Montpellier dans l'Hérault, pour dénoncer des coupes budgétaires brutales. Depuis plusieurs années, la santé mentale des jeunes Français s'est nettement détériorée. ©Christelle CHABAUD / France 3 Languedoc-Roussillon

Les psychologues de l'Éducation nationale se mobilisaient ce jeudi 6 juin partout en France, dont à Montpellier dans l'Hérault, pour dénoncer des coupes budgétaires brutales. Depuis plusieurs années, la santé mentale des jeunes Français s'est nettement détériorée.

Ils se font de plus en plus rares dans les établissements. Ce 6 mai, comme partout en France, les psychologues de l'Éducation nationale manifestaient leur colère à Montpellier (Hérault), face à un manque de moyens criant. Fin mai, le rectorat a en effet annoncé la baisse de 50 % du budget des CIO (Centres d'Information et d'Orientation).

Une annonce qui tombe à un moment pourtant critique pour les jeunes Français. Selon le rapport EnCLASS 2022, publié en avril dernier, bien que la majorité des élèves du secondaire (collège et lycée) se disent en bonne santé et satisfaits de leur vie actuelle, leur bien-être et santé mentale se dégradent globalement depuis 2018, notamment pour les filles.

Entre 2017 et 2021, la prévalence de la dépression a même quasiment doublé chez les 18-24 ans. Près d'un quart des jeunes déclare ainsi ressentir un sentiment de solitude, tandis que 24 % des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois.

Charge de travail insoutenable

Outre le matériel vétuste, les professionnels dénoncent l'approche productiviste de leur métier, où le temps de dialogue et le lien avec les élèves sont pourtant primordiaux. Alors que chaque psychologue devrait avoir 600 élèves à sa charge dans l'idéal, l'Hérault en est plutôt aujourd'hui à 1 600 par fonctionnaire.

"On nous demande de faire des bilans quantitatifs alors qu'on veut faire du qualitatif", dénonce Sendrine Gonod, Psychologue de l'Éducation nationale à Lunel (Hérault), et co-secrétaire académique SNES FSU. "On entend qu'il faut prendre le plus de monde possible en charge, mais si c'est juste pour voir les enfants 10 minutes, ça n'a aucun sens."

On doit parfois donner notre point de vue sur des élèves qu'on ne connaît pas...

Sendrine Gonod, psychologue de l'Education nationale à Lunel et co-secrétaire académique SNES FSU

Au vu des budgets annoncés, les psychologues ne pourront plus se rendre que deux fois par mois dans les établissements. Trop peu pour remplir leurs deux missions : la santé bien sûr, mais aussi l'orientation des lycéens.

"Je vois depuis plusieurs années qu'il y a une mise en danger du service public d'orientation dans l'éducation nationale", témoigne Stéphane Audebeau, professeur au lycée Joliot-Curie de Sète (Hérault). "Ce dont les élèves ont besoin, avec les enseignants et les psychologues, c'est vraiment d'un travail de projet sur l'orientation, ce qui passe par des discussions, des entretiens réguliers et un travail en profondeur."

Une délégation de psychologue a obtenu une rencontre avec le rectorat, sans résultat probant.

Une ligne d'écoute anonyme et gratuite est à disposition des jeunes de 12 à 25 ans qui ressentiraient le besoin de parler, mais aussi de leurs proches, au 08 00 23 52 36, via le Fil Santé Jeunes. Elle est accessible de 9h à 23h, 7 jours sur 7.

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