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Trèbes, un an après : témoignage d'un rescapé de l'attentat du supermarché

André Bivent, rescapé de l'attentat du Super U de Trèbes, retourne comme chaque vendredi faire ses courses dans ce supermarché - mars 2019 / © France 3 LR - F.Guibal
André Bivent, rescapé de l'attentat du Super U de Trèbes, retourne comme chaque vendredi faire ses courses dans ce supermarché - mars 2019 / © France 3 LR - F.Guibal

Lors de l’attentat du 23 mars au Super U de Trèbes, parmi les clients, André Bivent retraité. Comme chaque vendredi il va faire ses courses dans ce supermarché, sauf que ce jour-là, il se retrouve nez à nez avec le terroriste. Un an après, il adécidé de nous livrer son témoignage. 
 

Par Joane Mériot

C’était il y a un an, comme chaque vendredi, André Bivent part faire ses courses au Super U de Trèbes, dans l’Aude.

Nez à nez avec le terroriste


Au détour d’un rayon, il se retrouve nez à nez avec le terroriste, qui commence à tirer dans tous les sens :  

Au début je ne l’ai pas vu quand il a tiré les trois coups, j’étais encore dans les rayons, les allées, après je me suis avancé dans l’allée et là j’ai vu l’homme à terre en train de tirer, je vous tuerai, je vous tuerai il disait, il nous a dit couchez vous, on s’est couchés. Si j’avais pu, je serai passé sous les présentoirs.


Réfugié derrière son caddie, le septuagénaire peut voir le corps d’Hervé Sosna, le client abattu par le terroriste. André va rester de longues minutes allongé sur le sol, espérant ne pas attirer l'attention.
 

Réfugié dans la chambre froide

 

Quelqu’un m’a tapé sur les jambes pour me dire venez avec nous, je suis parti avec lui et on est allés dans les frigos.


Avec une quinzaine de clients, eux aussi réfugiés dans les chambres froides, il s'échappe finalement par une sortie de secours à l'arrière du magasin. Trois semaines plus tard, à la réouverture du supermarché, le retraité sera parmi les premiers clients. Une façon d'exorciser le mal, selon lui.

Au début je ne passais pas beaucoup de temps dans les rayons puis petit à petit, j’y suis retourné.

 

Le bricolage comme thérapie


André n’a pas souhaité être suivi par un psychologue après ce drame. Pour essayer de se reconstruire et peut-être oublier, il bricole seul dans son atelier :


Je fais ça, je repeins, je bricole, quand j’en ai marre d’un côté, je vais faire la voiture et je reviens. Ça me permet d’oublier un petit peu mais comme on dit, il y a toujours un clip qui revient. Vous êtes concentrés sur une chose et donc vous ne pensez pas au reste.

Le reportage d'Alexandre Grellier et Frédéric Guibal 
 

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