Violences sexuelles dans le sport en Occitanie : "il y a eu une prise de conscience des institutions"

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Écrit par Joane Mériot

Depuis plusieurs mois, les témoignages et les plaintes de violences sexuelles au sein de clubs sportifs se multiplient en Occitanie. Pour les responsables d'associations, cette libération de la parole a permis une prise de conscience des institutions.

Une parole libérée


En Janvier dernier, le journal l’Equipe publiait une longue enquête sur l’omerta des violences physiques et sexuelles dans le monde du sport. Dans cette enquête, plusieurs sportives de renommées, comme Sarah Abitbol ( patineuse française) ou Héléne Godart ( patineuse) dénonçaient des abus et des violences sexuelles qu’elles avaient subis par un de leurs entraîneurs. Des témoignages de patineuses et de nageuses qui ont permis de libérer la parole des victimes. 
Suite à ces révélations, d’autres sportifs ont pris la parole : en Occitanie, deux cavalières ont témoigné d’agressions sexuelles subies à l'âge de 13 et 17 ans par leur entraîneur, près de Toulouse. Il n'y aura pas de procès. L'éducateur s'est suicidé après sa mise en examen. 
 

Début mars, c’est un entraîneur du club de foot amateur l’Etoile Aussonnaise qui a été mis en examen. Il est accusé d'agressions et de violences sexuelles sur mineurs. Une dizaine de plaintes auraient été déposées contre lui.
Plus récemment, à Béziers, un entraîneur d'athlétisme est soupçonné de viols et d'agressions sexuelles sur mineures. Il a été placé en détention provisoire. 
 

Ces différents témoignages ont donné du courage aux victimes. L’association Ethique et Sport présente en Occitanie existe depuis 2013 et nous dit que depuis l’enquête du journal l’Equipe, le nombre de prise en charge des victimes a été multiplié par 5 :
 

Il y a eu une explosion des plaintes depuis janvier 2020. La parole s’est libérée même si les victimes attendent encore d’être majeures avant de parler.

Josian Fraysse, avocat de l’association Comité Ethique et Sport

 

Des associations au secours des victimes


L’association Comité Ethique et Sport est présente sur tout le territoire et a une antenne dans chaque région. En Occitanie, ils sont trois à prendre en charge les victimes : un médecin, un psychologue et un avocat.
 

Toute victime d'acte de maltraitances (que ce soit agressions verbales ou physiques (sexuelles ou non) , dopage, homophobie, racisme...) en milieu sportif peut bénéficier de la prise en charge du comité (via les 3 professionnels) en appelant l'un des numéros verts. Le milieu sportif s'entend comme non exclusivement fédéral. C'est à dire que le comité éthique et Sport prend également en charge des victimes lorsque les actes surviennent dans le sport loisirs comme des cours de découverte de plongée, de parapente

Josian Fraysse, avocat de l'association



Au-delà, de cet accompagnement l’association organise également des actions de prévention auprès des fédérations et des clubs sportifs : "nous avons un groupe de formation qui se déplace dans les clubs et dans les ligues pour éduquer les accompagnateurs principalement", précise l'avocat de l'association. 

Colosse aux pieds d'argile est également une association nationale, présente à Toulouse, elle accompagne également les victimes dans leurs démarches. 

Pour ces deux associations, une chose est sûre : "ces témoignages de sportifs ont permis une prise de conscience de la part des instiutions même si elle est tardive et cette prise de conscience a permis que des choses soient mises en place", nous dit Claire Lailheugue, chargée de communication pour l'association Colosse aux pieds d'Argile. 
 

Une campagne de prévention


En effet, fin août, le ministère des sports a décidé de miser sur la prévention en lançant une campagne nationale de sensibilisation des violences dans le sport pour la rentrée 2020 : 
 

Alors que fort heureusement la parole commence à se libérer, le monde sportif a désormais rendez-vous avec l’histoire. Pour ne plus rien laisser passer. Pour ne plus laisser une victime seule. Pour tout mettre en œuvre afin de garantir la sécurité et favoriser l’épanouissement de toutes celles et ceux qui rejoindront nos clubs en métropole et en outre-mer à la rentrée.

Roxana Maracineanu, Ministre déléguée auprès du ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, chargée des Sports


Pour cela, un kit a été mis à disposition des clubs sportifs. Dans ce kit, on y trouve des affiches et des flyers à coller et à distribuer dans les clubs.

 


Sur les affiches, il y a également le numéro à appeler en cas de doutes ou de questionnements. Il s’agit du numéro 119. Cet appel est gratuit et confidentiel.