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VIDEO. Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat du second tour à Frontignan

Ville fragile, chômage, usure du pouvoir. Frontignan (Hérault) est à un tournant. Le RN est en embuscade et attend son heure. La gauche résiste, mais jusqu’à quand ? Suivez notre débat du second tour animé par Anne-Sophie Mandrou avec Michel Arrouy et Gérard Prato.

 

Le débat de Frontignan entre Michel Arrouy et Gérard Prato.
Le débat de Frontignan entre Michel Arrouy et Gérard Prato. © N. Le Doucen / FTVI

Duel sur les bords de la Méditerranée avec Pierre Boudoire qui ne représente pas après quatre mandats. « Il faut que ça bouge à Frontignan », entend-on en ville.

« Je ne renie pas le passé parce que dans la vie, il faut être fidèle », assure sur notre plateau Michel Arrouy, 2ème adjoint du maire sortant (près de 41% des voix au 1er tour). Les 25 dernières années ont permis de construire une base pour construire le Frontignan de demain ».

« Monsieur Arrouy n’est qu’une excroissance de Pierre Boudoire et il ne fera pas mieux. Lui, il est dans le « Bien vivre ensemble » moi je suis dans le « faire ensemble , » assure Gérard Prato.

Economie et tourisme

Il existe un site de 11 hectares laissé par l’ancienne raffinerie. « On a tiré les leçons du passé. On veut des PME, celles qui créent le vrai emploi. Nous allons créer 500 emplois. Le site sera complètement dépollué, » assure Michel Arrouy. « Je n’y crois pas. Il faut orienter notre développement vers le tourisme, il n’y a pas un hôtel à Frontignan. On a fait de frontignan plage une ville dortoir,  » lance Gérard Prato (près de 28% des voix au 1er tour, RN).

« Monsieur Prato est contre tout. C’est l’homme de la négation. Les pessimistes, on n’en veut pas. Nous avons gardé un tourisme familial et il faut garder cette spécificité. Mais il faut relooker Frontignan plage, lui donner un peu de peps » assène Michel Arrouy.

Sécurité 

« Je souhaite augmenter les effectifs de la police municipale (26 aujourd’hui) et je veux une présence 24h/24. D’ici deux ans, il en faut cinq de plus mais je crois que nos concitoyens parlent surtout plus d’invincibilité que d’insécurité",  assure Michel Arrouy.

« J’ai l’impression de ne pas habiter dans la même ville que monsieur Arrouy. La nuit, c’est « open bar ». Il faut augmenter les effectifs de la police municipale à 35 mais surtout augmenter la vidéo surveillance, » selon Gérard Prato. Pour qui il faut aussi "baisser les charges de personnels et dégager de l’autofinancement car on n’investit pas sur Frontignan ? Nous ferons un audit de la ville ».

Démocratie participative

« Il faut renouer le dialogue avec les citoyens. On va co-construire l’avenir. Je serais maire à plein temps et je n’aurais que ce mandat », assure Michel Larrouy. « Je suis favorable aux référendums et à renforcer les droits de l’opposition, » explique Gérard Prato.

Un projet chacun :

Un cinéma en centre-ville pour Michel Arrouy

Une piscine pour Gérard Prato

Vous pouvez revoir le débat en cliquant dans le player ci-dessous :

Municipales à Frontignan, cible idéale du Rassemblement National : on vous explique pourquoi avant le débat du 23 juin

C’était fin juillet 2019. Le parti de Marine Le Pen dévoilait sa stratégie pour les municipales. Dix mairies à conserver et vingt à conquérir. Beaucoup de villes dans le sud et parmi elles, Frontignan. Aux Européennes, Jordan Bardella y a récolté 37% des suffrages.

La ville-plage héraultaise fait rêver le RN, présent au second tour comme en 2014 avec Gérard Prato. Il affronte Michel Arrouy de l’équipe municipale. La ville peut-elle basculer, cette fois ou la prochaine ? On vous donne des indices.

Un jeu de patience

- Son candidat, Gérard Prato, actuellement élu dans l’opposition, s’implante élections après élections. Il a rassemblé 28% des voix au premier tour. Contact et parole facile, il a adopté pour ces municipales la stratégie du biterrois Robert Ménard, comme à Perpignan ou Sète. Une liste Union des droites qui mélange Rassemblement National, droite radicale et  animalistes, entre autres. Il ne porte plus comme en 2014 l’étiquette Front National, qui pouvait faire peur à certains électeurs.

- Le candidat de la gauche (PS, EELV, PCF…) Michel Arrouy, est arrivé en tête au premier tour avec 41% des suffrages. Il est le deuxième adjoint du sortant, le socialiste Pierre Bouldoire qui détient les clés de la mairie depuis 25 ans. Il ne veut pas être considéré comme son dauphin, mais difficile de ne pas être associé au bilan de la majorité.

En charge du logement, des questions sociales et de santé, cet homme posé connait bien sa commune et ses habitants. Mais beaucoup de Frontignanais veulent que la ville bouge et change. Comment tourner la page, sans réellement la tourner ? La transition est toujours délicate.

Allo ? Y a quelqu’un dans l’opposition ?

Deux autres listes s’étaient qualifiées pour le second tour, avant de se retirer au nom du front républicain (déjà activé en 2014). Olivier Boudet (13%), soutenu par LREM, avait annoncé ses intentions dès le départ. La liste DVD n’a pas donné de consigne de vote, mais sa tête de liste Thibaut Cléret Villagordo a appelé en son nom propre à faire “barrage aux extrêmes”. Jusqu’à quand les autres listes qualifiées joueront-elles le jeu du retrait, et choisiront de sacrifier leurs sièges dans l’opposition ? Le front républicain peut-il craquer ?

En 5 points, le profil idéal d’une ville qui peut basculer

1 - Une ville fragilisée : Frontignan connait un déclin économique depuis les années 90 :

fermeture de la raffinerie de pétrole Exxon mobil (seul demeure le dépôt de carburants), fermeture de la cimenterie Lafarge…. Le taux de chômage est élevé, 13 %, même s’il décroit. C’est aussi une cité de pécheurs, un secteur en difficulté.  Un paysage social favorable au vote contestaire.

D’ailleurs, Frontignan a été une place forte des gilets jaunes, et une liste issue du mouvement était aussi en course pour le premier tour.

2 - Une petite soeur dans l’ombre : située entre Montpellier et Sète, difficile de se faire une place au soleil entre ces 2 villes, de résister à l’attractivité commercante de la Métropole, ou de l’influence politique de la grande soeur sétoise qui dirige l’Agglopôle. La collectivité est depuis des années le lieu d’intenses rivalités entre Pierre Bouldoire, le maire sortant, et son homologue de Sète Francois Commheines. Les habitants se sentent parfois oubliés, et déclassés.

3 - Un sentiment d’insécurité : c’était l’un des thèmes majeurs de la campagne. Par choix, la ville n’est venue que très tard à l’installation de caméras de surveillance. Les premières ont pris place en 2019, après des vagues de cambriolage en centre ville. C’est un argument très utilisée par le candidat Prato qui reproche à la municipalité son retard. Même si la ville a renforcé petit à petit ses moyens de protection avec une quarantaine de caméras. 

4 - Vous avez dit mixité ? : Tourisme, résidences secondaires, retraités qui viennent s’installer au soleil, nouveaux habitants, centre ancien… Comment trouver un juste équilibre dans cette commune qui s’étend du hameau de La Peyrade jusqu’à la plage ? Comment créer une mixité entre les différents quartiers, et ces habitants au profil et aux attentes bien différentes ?

5 - Ventres-bleus et traditions : muscat, joutes nautiques, club taurin…Frontignan a une histoire et des traditions locales. Et même une légende, celle des ventres-bleus, surnom des habitants. Ces héritages du passé, certains les défendent ardemment. Un terreau fertile pour les traditionnalistes dans cette ville comme chez ses voisines. Le parti de Marine le Pen, qui s’affiche en défenseur des valeurs, voit son vote s’ancrer années après années tout autour du bassin de Thau.

Alors comment les 2 candidats en lice pour le second tour comptent-ils  répondre à ces problématiques ? Quelles sont leurs propositions ? Leurs stratégies pour demain ?

Rendez-vous pour notre débat mardi 23 juin à 18 h avec :

 

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