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Plongée dans le service des grands brûlés du CHU de Montpellier

Grâce à l'hypnose, le 4ème pansement du petit Mohammad a été changé sans anesthésie / © Caroline Agullo / France 3 Occitanie
Grâce à l'hypnose, le 4ème pansement du petit Mohammad a été changé sans anesthésie / © Caroline Agullo / France 3 Occitanie

Du 5 au 7 juin au Cap d'Agde, le congrès national des brûlés rassemble les plus grands spécialistes du traitement des grands brûlés. C'est le CHU de Montpellier qui l'organise cette année. Au sein de l'hôpital Lapeyronie, tout le service des grands brûlés a été restructuré et rénové.

Par Emma Derome et Carine Alazet

Tous les jours, le service des grands brûlés du CHU Lapeyronie à Montpellier s'active. Encore plus depuis son rapprochement avec le service de la chirurgie plastique esthétique et reconstructrice, qui formera à l'automne 2019 un seul et même service. Un service efficace, qui organise du 5 au 7 juin, au Cap d'Agde, le congrès national des brûlés.

Pour prendre en charge efficacement les patients brûlés, explique le professeur Christian Herlin, chef du service de chirurgie plastique et reconstructrice, il est important d'avoir un nombre important de personnels. Il s'agit en effet toujours d'accidents qui mobilisent un grand nombre de personnel autour du patient. La vitesse de prise en charge est également centrale.
 

Le modèle de se rapprocher d'une équipe de chirurgie plastique rend le service des grands brûlés plus robuste, parce qu'on a une quantité de personnel médical et paramédical plus importante. On peut se permettre d'accueillir plus de grands brûlés en même temps, et surtout les traiter plus rapidement. La clef de la survie chez un grand brûlé, c'est la vitesse à laquelle on peut enlever tout le tissu brûlé, pour le remplacer par sa propre peau ou de la peau artificielle dans un premier temps.
Christian Herlin, chef du service de chirurgie plastique et reconstructrice centre de traitement des brûlés


L'hypnose pour remplacer l'anesthésie


Le jeune Mohammad Alsalehalsalem a été très gravement brûlé lors d'un accident domestique, il y a 3 mois. Il a subi plusieurs interventions chirurgicales, des greffes de peau... Ce jour-là, il en est à son 4ème et dernier changement de pansement.

Habituellement effectuée sous anesthésie générale au bloc opératoire, l'intervention délicate se passe pour la première fois sous hypnose. Bernard Redoules, infirmier anesthésiste spécialisé en hypnose, suggère des images positives, des souvenirs agréables à l'enfant de 11 ans, comme lorsqu'il va à la pêche avec son papa.
 

Pour les grands brûlés comme Mohammad, la problématique reste la perfusion, donc l'accès veineux, parce qu'ils ont des veines très abîmées par la brûlure. Aujourd'hui, on n'a pas mis du tout de perfusion, ça a permis de faire le soin sans être traumatique pour l'enfant.
Bernard Redoules, infirmier anesthésiste au CHU Lapeyronie Montpellier


Pour ce dernier pansement, sept soignants s'activent autour du petit garçon pour nettoyer la plaie, désinfecter et protéger la peau greffée. Il faut aller vite pour limiter les risques, car Mohammad est encore très fragile.

Il était brûlé à plus de 20 %. C'est une surface cutanée importante chez un enfant. Comme il y a une atteinte profonde de la peau, on peut avoir un choc sceptique, et le second risque c'est de se déshydrater et d'avoir une hypovolémie, une décompensation cardiaque et rénale. C'est un risque vital.
- Farid Bekara, chirurgien plasticien au CHU Lapeyronie Montpellier

 
Plongée au coeur du service des grands brûlés au CHU de Montpellier
Equipe : Carine Alazet, Caroline Agullo, Anne Vaillant, Philippe Sportiche Intervenants : Bernard Redoules, Farid Bekara, Daniel Laborderie, professeur Christian Herlin, Julien Gibrila, Mohammad Alsalehalsalem


3000 patients par an

Une soixantaine de grands brûlés comme lui arrive au CHU chaque année, et plus de 3 000 patients sont reçus en consultation dans ce service. L'hospitalisation n'est que le début d'un très long processus de guérison.

Daniel Laborderie a été gravement brûlé dans un accident de travail il y a 4 ans. Quelques jours plus tôt, il subissait encore une intervention de chirurgie reconstructrice.

Là c'est fini, y'a pas longtemps mais c'est fini, je dors bien, je finis toutes mes nuits, je n'ai plus de démangeaisons, j'ai des pansements mais c'est parce que j'étais au bloc y'a pas longtemps, mais je revis, je revis.
- Daniel Laborderie, patient du service des grands brûlés du CHU Lapeyronie de Montpellier

Deux années de douleurs physiques et, malgré le soutien constant de sa famille et de ses amis, un traumatisme psychologique plus long encore à surmonter.

Il y a une phase de sidération initiale, qui passe avec une phase de deuil du corps qu'on peut avoir, puis ensuite l'espoir, qui est amené par la chirurgie, et les perspectives, le retour à la vie antérieure. Est-ce que je vais pouvoir refaire le même travail? Refaire du sport? Avoir la même activité sociale? Le fait de pouvoir avoir un psychologue qui suive le patient tout du long serait une bonne idée, mais c'est techniquement très difficile à faire.
- Christian Herlin


Pour Mohammad, il faut d'abord attendre l'étape de la cicatrisation complète. Ce jour-là, ce qui rend le sourire au jeune garçon, c'est la perspective d'une première permission de sortie le week-end suivant.

Pour Mohammad, on est vraiment à l'étape de la toute fin de cicatrisation. Il va falloir qu'il reprenne ses fonctions normalement, c'est-à-dire de pouvoir marcher, courir, aller à l'école et ça, c'est vraiment une étape cruciale dans la prise en charge. L'aspect rééducation, c'est presque 50% de la prise en charge.
-Julien Gibrila, chirurgien plasticien au centre des brûlés CHU Lapeyronie Montpellier

Une première permission de sortie avant une longue période de rééducation dans un centre spécialisé. Mohammad y restera entre 3 semaines et 2 mois pour limiter les séquelles dues à ses graves brûlures.
 

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