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Greenpeace bloque le déchargement d'un bateau de soja à Sète, le président du port porte plainte

Dans le port de Sète, Greenpeace a empêché un cargo chargé de tourteaux de soja brésilien d'accoster. / © Thierry Will / FTV
Dans le port de Sète, Greenpeace a empêché un cargo chargé de tourteaux de soja brésilien d'accoster. / © Thierry Will / FTV

Greenpeace bloque depuis vendredi après-midi un cargo chargé de soja dans le port de Sète. En plein épisode de canicule, l'ONG veut dénoncer la déforestation en Amérique du Sud et l'inaction du gouvernement français en matière climatique. Le président du port a porté plainte ce dimanche. 

Par ED et AFP

Une cinquantaine de militants de Greenpeace bloquent depuis vendredi après-midi un cargo transportant du soja d'Amérique latine à l'entrée du port de Sète. Ils dénoncent la déforestation engendrée par la production de soja. Dimanche, le président du port de Sète-Sud de France, Jean-Claude Gayssot, a appelé au déblocage de la situation et signalé qu'il avait porté plainte.
 

Les militants français, allemands et hollandais organisent encore ce dimanche le blocage du cargo Ellirea en provenance du port de Salvador, au Brésil. 

Ce cargo transporte, selon l'ONG, 50.000 tonnes de tourteaux de soja destinés à être déchargés en France et en Slovénie, à destination des animaux d'élevage au sein de l'Union européenne. Du soja OGM dont la culture, qui utilise massivement des pesticides, est interdite en Europe
 


Jean-Claude Gayssot avait déjà réagi ce samedi, soulignant dans un communiqué "le bien-fondé de la lutte contre la déforestation, la consommation excessive de viande et le productivisme aveugle" en arguant toutefois que le port de Sète ne représente "que 0,5% de l'importation du soja en Europe".

Bloquer par cette action toute activité commerciale pendant plusieurs jours et renvoyer ces activités vers d'autres ports au détriment des travailleurs de Sète n'est pas une solution acceptable.
- Jean-Claude Gayssot, port de Sète-Sud de France

Ce dimanche 30 juin, l'ancien politicien, plus insistant, a dénoncé "l’intrusion illégitime d’une dizaine d’activistes" et "le blocage de toutes les activités portuaires sur ce terminal"  plaçant 200 employés en situation de chômage technique. 


"45 degrés, zéro engagement du gouvernement"


Greenpeace pointe du doigt l'inaction du gouvernement français sur le plan climatique"Alors que la canicule étouffe la France, Greenpeace France démontre une nouvelle fois le manque flagrant d'action du gouvernement pour changer de trajectoire", écrit l'association de défense de l'environnement dans un communiqué.

L'Europe suffoque et avec le réchauffement climatique, cela ne fera qu'empirer. Puisque le gouvernement est incapable de respecter ses engagements pour lutter contre la déforestation et le changement climatique, nous sommes venus le faire à sa place. 
Cécile Leuba, chargée de campagne forêts chez Greenpeace France.


À quai, les activistes ont bloqué les quatre grues de déchargement et interdit l'accès au quai d'amarrage à renfort de petits bateaux et de canoës. Ils ont également déployé des banderoles "Warning : soja qui déforeste" ou encore "Elevage industriel = déforestation", et peint sur le quai le message "Stop Elevage industriel". La coque du bateau a été marquée du message "Forest Killer" et "45 degrés, zéro engagement du gouvernement".
 
 

Dénonciation de l'élevage industriel


Cette action fait suite à la publication, le 11 juin, d'un rapport de l'ONG intitulé "Mordue de viande, l'Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja", qui souligne que l'élevage industriel et la surconsommation de viande en Europe engendrent des phénomènes massifs de déforestation et de destruction d'écosystèmes précieux en Amérique du Sud, via la culture du soja.

Déforestation et élevage pèsent également fortement sur les émissions de gaz à effet de serre, représentant respectivement 12 % et 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, souligne Greenpeace France.
 

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