REPLAY - Municipales à Sète : le débat du second tour avec Véronique Calueba et Sébastien Pacull

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Écrit par Anne-Sophie Mandrou avec Olivier Le Creurer

A Sète, dernier épisode le 28 juin avec François Commheines, maire depuis 3 mandats, Véronique Calueba, candidate écologiste et de la gauche, et Sébastien Pacull, ex adjoint soutenu par le RN. Suivez notre débat jeudi 18 juin à 18 heures sans le maire sortant qui a refusé notre invitation.

 

L’île singulière va-t-elle créer la surprise le 28 juin prochain? Une triangulaire oppose le maire sortant François Commheines brigue un 4ème mandat. face à lui, deux listes d'union avec Véronique Calueba (EELV, PS, PC et la France insoumis) et Sébastien Pacull soutenu par RN, la droite populaire et Debout la France. 

Un second tour à 3 mais un débat à 2 puisque le maire a refusé l'invitation de France 3 occitanie. Véronique Calueba regrette cette absence. "19 ans de mandat et on ne peut pas utiliser la crise du covid pour ne pas participer à un débat démocratique". Comment voit-elle le second tour ? "Vu le taux d’abstention, tout le monde a de la réserve. 65% des Sètois n’ont pas voté pour le maire sortant".

"17 000 électeurs ne se sont pas prononcés, explique Sébastien Pacull. François Commheines, c’est un système de maire en place. La preuve, moi aussi je déplore son absence à ce débat".

Logement

On a beaucoup parlé béton et de logements trop chers dans cette campagne. Sébastien Pacull a fait parti de la majorité municipale pendant 12 ans. "Mais les projets d’aujourd’hui sont trop gros et pas mesurés par rapport aux besoins des Sètois. A l’entrée Est de la ville, 4000 logements sont programmés avec un taux de logements sociaux de 40 %. Ce n’est pas ce qu’il faut à Sète. Il faut y créer de l’emploi. Ce sont nos dernières réserves foncières. Je propose de construire des logements à 2000 euros le mètre carré contre 4000 -4500 pour pouvoir loger les classes moyennes".

A Sète, ça construit de partout mais ça ne construit pas pour ceux qui ont besoin de se loger

Véronique Calueba

"A Sète, ça construit de partout mais ça ne construit pas pour ceux qui ont besoin de se loger," assure Véronique Calueba. "Actuellement nous avons 20% de résidences secondaires sur la ville. Nous avons 2500 logements vacants ou indignes en centre ville et 2000 demandes de logements. Le cœur de ville a été abandonné".

L'entrée Est de la ville

Une surface de 35 hectares. Sébastien Pacull présente son projet: "Je souhaite faire un référendum d’initiative citoyenne avec un projet mixte comprenant une zone de loisirs, un cinéma peut-être, une zone d’activité sportive pour les jeunes et de l’écolonomie (zone d’emplois basée autour de l’environnement et de l’industrie verte. Avec aussi une véritable salle Brassens, un parking de délestatge, des hôtels et un nouveau palais des congrès qui pourrait fair venir du tourisme d’affaire pour nous protéger du peu de diversité que nous avons économiquement parlant. 70% de notre PIB est lié au tourisme, c’est un vrai talon d’achille".

Il faut nous protéger du peu de diversité que nous avons économiquement parlant. 70% de notre PIB est lié au tourisme, c’est un vrai talon d’Achille

Sébastien Pacull

"Les propositions de M. Paccull ressemblent extraordinairement aux nôtres et qui ne ressemblent pas à ce qu’il a voté depuis 12 ans", s'amuse Véronique Calueba. "Tant mieux. Il faut garder ce foncier pour les entreprises, l’artisanat et la formation. Ce sont les dernières réserves foncières de la ville, l’avenir se joue là-bas".

Environnement mobilité et liberté de circulation

Sète est coincée entre l’étang de Thau et la Méditerranée. Les deux candidats proposent des parkings de délestage, des lignes de trambus et des navettes fluviales.

Elément phare du programme de Véronique Caluébala: la gratuité des transports en commun. "Avec aussi: des parkings de délestage avec le transport fluvial notamment pour les gens qui viennent visiter la ville une journée ou ceux qui n’ont pas besoin de leur voiture tous les jours. Et nous arrêtons tout de suite les trois parkings souterrains prévus, c’est 30 millions d’euros, 900 voitures de plus".

Sébastien Pacull: "Je n’y crois pas. Le transport gratuit, il faudra le payer par l’impôt. Je propose le trambus, les livraisons avec une plateforme du côté de Frontignan avec ce qu’on appelle le dernier kilomètre par des mini transports électriques et l'exploitation des canaux pour sortir les poubelles de la ville par des barges".

Economie :

Sète: 44 000 habitants et taux de chômage de 13%. Quelle solution face à la crise ?

Sébastien Pacull: "Il faut diversifier l’économie de la ville. Faire de Sète une ville phare en terme d’environnement. Faire venir des entreprises vertes. Je veux des quotas d’entreprises sètoises dans l’attribution des marchés".

Véronique Caluéba:  "Il faut faire travailler les artisans locaux pour qu’ils puissent réinvestir en ville. Moi, je parle clause d’insertion social (une partie des emplois proposés aux jeunes sétois) dans le cadre de petits marchés".

Tourisme

Pour Sébastien Pacull, "le choix du tourisme culturel a été fait mais il est surtout quantitatif. Il faut lutter contre l’explosion des plateformes de réservations . Il faut requalifier certains logements petits pour contrer cela. Trop d’hôtels ont fermé, je propose d’en créer sept en 6 ans pour développer les congrès et non pas que le tourisme  soit autour d’une série télévisée qui le jour où elle s’arrêtera n’aura qu’un effet soufflet".

"Nous avons besoin des touristes, assure Véronique Calueba mais elle se désole : "les aménagements quai de la marine sont minables, ce sont pourtant nos champs élysées. Là il y a des aménagements à faire. Il faut réguler les paquebots de croisière car ces touristes ne consomment pas tant que ça".

Vous êtes fan des sagas sous le soleil de Sète ? Alors avant notre débat, petit résumé de « Demain, la mairie nous appartient », la série qui a démarré à l’automne et prendra fin le 28 juin au soir !

Le casting 

François Commheines, le maire sortant. Ce médecin brigue son 4e mandat. Il a récolté 34,86 % des voix au premier tour avec sa liste Sète, comme au premier jour. Les Républicains, auxquels il appartenait avant de quitter le parti, lui ont apporté leur soutien. Ainsi que la République en marche. Il se place en homme d’expérience.

Dans une lettre adressée aux Sétois avant le second tour, il écrit : “Vous avez eu le temps de me juger sur pièce, non seulement sur les résultats des mandats précédents, mais sur la gestion de la crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons." Il rappelle qu’il est un maire à plein temps (enfin, pas tout à fait puisqu’il est aussi président de Sète Agglopôle Méditerranée).

Véronique Calueba Rizzolo : sera-t-elle la première femme maire de Sète ? Cette professeur des écoles, au programme très engagé à gauche, est arrivée en deuxième position avec 19,24 %. Elle mène la liste Ensemble pour Sète, soutenue notamment par EELV, le PS, et le Front de gauche, une liste née de la fusion avec le socialiste Sébastien Denaja, 17 % au premier tour.

Elle est aussi vice-présidente du Conseil Départemental, déléguée à l’enfance et à la famille. Son père a été élu au côté de François Liberti, maire communiste de l’Ile singulière de 1996 à 2011. Elle met en avant une démarche collective et explique « qu’il ne s’agit plus de porter un programme aussi exemplaire soit-il, mais de faire les choses autrement ».

Sébastien Pacull : directeur commercial, il a été adjoint pendant 12 ans à la mairie de Sète avant de décider de faire cavalier seul pour ces éléctions. Il justifie ce choix par une démarche « contre la politique anti démocratique et ultra capitaliste d’Emmanuel Macron et de ceux qui le rejoignent » , mais pointe aussi dans sa ville « une politique inefficace qui s’est inscrite dans la durée ».

Sa liste s’appelle Sète, pour vous maintenant !, une liste Union des droites inspirée par Robert Ménard, soutenue par le Rassemblement National, la droite populaire et Debout la France entre autres. Il a été été président des Républicains dans l’Hérault avant d’être exclu du parti suite à sa candidature dissidente et a obtenu 14,38 % au premier tour et a fait alliance avec des colistiers de la liste arrivée en 5e position, celle de Rudy Llanos.

Revoir le débat du second tour 

Jeudi 18 juin Véronique Calueba, liste « Ensemble pour Sète » et  Sébastien Pacull, liste « Sète, pour vous maintenant » étaient sur le plateau de France 3 Occitanie.  Le maire sortant DVD François Commheines n’a pas souhaité participer au débat. Pour le revoir, cliquez dans le player.

 

La trilogie sétoise: béton, bouchon, crise

Béton : le mot était sur toutes les lèvres pendant la campagne. Trop de constructions, selon les opposants à l’équipe municipale. Avec notamment dans le collimateur, le nouveau quartier à l’entrée est de la ville (sur une trentaine d’hectares d’anciennes friches industrielles, un éco-quartier de 3500 logements sur 15 ans, avec des entreprises et des commerces… )

Alors que les prix de l’immobilier explosent, quelle sera la politique de logements de chacun des candidats ? Quelle vision de l’urbanisme ont-ils pour demain ? 

Bouchons : c’est le point noir de Sète. Une ville engorgée par la circulation, coincée entre étang de Thau et Méditerranée. Tramway, navettes fluviales, bus gratuit, vélo : chacun y va de sa solution, la mobilité est au cœur de cette campagne.

Crise : dans une ville où le taux de chômage (13%), est plus élevé que la moyenne, les effets de la crise sont à redouter. D’autant que l’économie repose en grande partie sur la pêche, un secteur déjà très fragilisé, les activités portuaires et le tourisme. Quelles réponses apporter aux difficultés qui se profilent ?

A chacun son scénario

François Commheines dirige la ville depuis près de 20 ans et en connaît ses moindres ressorts. Il souhaite un mandat supplémentaire pour faire avancer ses projets qu’il résume ainsi :

  • S’adapter à de nouveaux modes de vie, de déplacements, de loisirs
  • Relancer la dynamique économique avec des projets respectueux de l’environnement.
  • Développer une expression culturelle innovante.

Tirera-t-il un avantage de sa gestion de la crise sanitaire ? Va-t-il bénéficier de la prime au sortant ou sera-t-il victime de l’usure du pouvoir ?

Véronique Calueba en vraie directrice d’école, sait faire les additions : 19+17 = 36. Les 2 listes de gauche réunies peuvent sur le papier concurrencer le résultat du maire sortant et mettre fin à son règne. Mais son alliance avec l’ex-député socialiste Sébastien Denaja a donné lieu à d’intenses discussions. Fera-t-elle le plein de toutes les voix ? Ce mariage peut-il tenir dans la durée ?

Parmi ses promesses, un moratoire sur le PLU pour stopper l’urbanisation, les transports gratuits, le retour en régie de l’eau.

Sébastien Pacull, un peu décu au premier tour, espère bien gonfler son score et perturber le jeu. Son objectif ? Rallier les mécontents du maire, récupérer des voix de Rudy Llanos et pourquoi pas attirer quelques électeurs des listes Calueba et Denaja qui ne se reconnaitraient pas dans leur union.

Parmi ses promesses : plus de sécurité avec vidéo surveillance de tous les quartiers 24h/24, une mutuelle communale et fiscalité 0 pour les entreprises écologiques et technologiques.