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Procès de la tuerie de Sète : la cour d'appel des assises de l'Aude rejuge Charles Pujol

Montpellier - ouverture du procès de Charles Pujol aux Assises pour assassinat à Sète - 28 janvier 2016. / © F3 LR
Montpellier - ouverture du procès de Charles Pujol aux Assises pour assassinat à Sète - 28 janvier 2016. / © F3 LR

Le procès en appel de Charles Pujol s'est ouvert ce matin devant la cour d'assises de l'Aude. Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Hérault pour avoir tué 2 de ses voisins et blessé gravement 2 autres en 2012 à Sète, parce qu'ils faisaient trop de bruit.

Par Carine Alazet


Charles Pujol, 54 ans aujourd'hui, est rejugé depuis ce lundi 5 novembre pour assassinat et tentative d'assassinat après la mort de 2 voisins et les graves blessures infligées à 2 autres, la nuit du 1er décembre 2012 à Sète dans l'Hérault.

Lors de son procès devant la cour d'assises de l'Hérault en 2016, l'accusé avait expliqué les faits par son état second à cause des médicaments.
 

Tout était brouillon dans ma tête. Après la prise de cachets, comme tous les soirs, vers 21h, j'étais vaseux, "ensuqué", dans un état second, j'avais pas les idées claires.
 

Condamné à 30 ans de prison en janvier 2016 par la cour d'assises de l'Hérault, Charles Pujol a fait appel du jugement. Son procès devrait durer une semaine devant la cour d'appel de Carcassonne, dans l'Aude.
 

Retour sur les faits


Charles Pujol, 49 ans à l'époque, est interpellé sans résistance dans son appartement à Sète, au petit matin le 1er décembre 2012. Il vient de tirer au pistolet automatique sur 4 personnes dans le couloir du 2ème étage d'une résidence du quartier du Triolet.

Deux hommes de 32 et 42 ans, Fabrice Reille et Michel Pépé, mourront dans la journée des suites de profondes blessures à l'abdomen et au thorax. Deux autres victimes sont grièvement blessées.

Les victimes fêtaient un anniversaire ce vendredi soir. Une fête entre voisins bruyante et semble-t-il arrosée.

Charles Pujol, employé tôt le matin par Thau agglomération à la collecte des encombrants, sous anti-dépresseurs, ne l'a pas supporté. Il se rend une première fois chez ses voisins, pour les rappeler à l'ordre dira t-il, puis retourne chez lui prendre une arme et 2 chargeurs. Il tire à 8 reprises dans le couloir, puis dans l'appartement.

La police découvre un scène d'horreur à son arrivée sur les lieux avec des traces de sang partout et une victime gisant en bas de l'immeuble.

Membre d'un club de tir sportif, le meurtrier détenait légalement chez lui 6 armes de poing et des munitions.
Le nombre de tirs, 2 par victimes, la distance et la localisation des balles dans des organes vitaux, a conduit la justice à retenir la préméditation.

Le prévenu a déclaré avoir voulu dans un premier temps intimider ses bruyants voisins, puis avoir agi dans un état second en raison du manque de sommeil et des médicaments. Dépressif, il était sous traitement anxiolytique.

Le fait qu'il ait chargé son arme et pris sur lui 2 chargeurs ne joue pas en sa faveur.
 

La personnalité de l'accusé


Pour les experts, l'homme est fragile, dépressif, immature. Il ne sait pas réagir face à une difficulté et il a un sentiment d'infériorité qu'il compense par sa passion des armes et des chants militaires allemands.

Il était mal dans sa peau et manquait de sommeil  au moment des faits, ont précisé à l'époque ses collègues de travail.
 

A l'issue du procès d'assises, en janvier 2016, la cour d’assises de l’Hérault a condamné Charles Pujol à 30 ans de réclusion, la peine maximale encourue, pour 2 assassinats et 2 tentatives.

Les jurés ont cependant reconnu une altération de son discernement, lié à son état dépressif et ses médicaments.

C'est cette altération du jugement que la défense espère voir mieux prise en compte en appel. 

Interrogée par Midi-Libre, Iris Christol, la nouvelle avocate de Charles Pujol explique qu'il est depuis six ans à l’isolement, en prison, et qu'il a eu le temps de réfléchir à ce qui s’est passé.

Il a été bien suivi par les services psychiatriques (de la prison), il est anéanti par ce qu’il a fait, mais aussi par la peine de trente ans de réclusion, qui est une peine d’élimination.
 


Un appel que prennent mal les victimes survivantes et leurs familles, obligées de revivre à nouveau la soirée du drame.

Le verdict est attendu en fin de semaine.
 

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