Hôtel occupé illégalement en Lozère : le dialogue impossible entre les "zadistes" et les riverains

Depuis trois semaines, l'ancien Hôtel des Cévennes de Saint-Julien-des-Points en Lozère est occupé illégalement par plusieurs dizaines de squatteurs. Les occupants souhaitent aussi investir un autre bâtiment à quelques mètres, côté Gard. Ce dernier a été muré ce samedi sur décision de la mairie.

L'Hôtel des Cévennes, à Saint-Julien-des-Points en Lozère, est occupé depuis le 2 mars prochain.
L'Hôtel des Cévennes, à Saint-Julien-des-Points en Lozère, est occupé depuis le 2 mars prochain. © Franck Detranchant / France Télévisions.

Depuis trois semaines, l'affaire perturbe la tranquilité de ce petit village lozérien d'une centaine d'âmes. L'Hôtel des Cévennes de Saint-Julien-des-Points, qui n'a plus accueilli de clients depuis une dizaine d'années, est occupé illégalement depuis le 2 mars par des squatteurs. Sont-ils 20, 30, 50 ? Difficile à dire.

Du côté des élus et des habitants, cette installation sauvage est mal perçue : le dialogue avec les "zadistes" est compliqué, pour ne pas dire rompu. Localement, on craint que cette initiative attire de nouveaux occupants en masse dans les Cévennes. Une pétition en ligne a même été lancée.

La petite-fille du propriétaire de l'établissement veut quant à elle désespérément récupérer le bien de son grand-père, aujourd'hui placé en maison de retraite. "Il en a sué pour cet hôtel", disait-elle encore aux occupants du lieu il y a quelques jours. "Alors, avec tous vos collègues, vous prenez vos valoches et vous vous barrez !" 

Un autre hôtel convoité

Les squatteurs défendent de leur côté des ambitions nobles : ils justifient leur geste par la volonté de faire revivre ce lieu désaffecté. 

Nous ne voulons exproprier personne. On avait dans l'idée de créer un espace de lien social et de participer à notre échelle à la construction d'un projet avec les habitants.

Une occupante de l'Hôtel des Cévennes.

Pour mener leur idée jusqu'au bout, les "zadistes" ont un autre hôtel dans le viseur : celui-ci se situe à 200 mètres, de l'autre côté du pont, sur la commune de Sainte-Cécile-d'Andorge dans le Gard. 

Mais la mairie a pris les devants : après avoir remarqué de l'animation dans cet ancien établissement ces derniers jours, elle a pris la décision d'en murer les 25 ouvertures ce samedi 20 mars avec pas moins de 900 parpaings.

Il fallait être réactifs. C'est un geste fort, mais au moins on est sûr qu'ils ne rentreront pas : ces gens n'ont aucun scrupule à violer des bâtiments privés.

Jacques Pépin, maire de Sainte-Cécile-d'Andorge.

Les 25 accès de cet ancien hôtel gardois ont été condamnés ce samedi.
Les 25 accès de cet ancien hôtel gardois ont été condamnés ce samedi. © Franck Detranchant / France Télévisions.

Les occupants de l'Hôtel des Cévennes, visés par des groupuscules identitaires

La Ligue du Midi, groupuscule régional identitaire, suit de près le dossier et ne cache pas son hostilité vis-à-vis des squatteurs de l'Hôtel des Cévennes. "La Ligue du Midi condamne la radicalisation violente de la mouvance anarchiste ainsi que sa dérive criminelle", avancent ses membres dans un communiqué.

Mais les tensions ne s'arrêtent pas là. Le groupe d'extrême-droite, très controversé, est également passé à l'acte. "Ces extrémistes, dont la Ligue du Midi, sont à nos portes et veulent nous déloger par la force. Cela fait deux samedis qu'ils agressent des personnes, venues en soutien pour nous ramener de la nourriture", renchérissent les occupants.

Pour empêcher la situation de dégénérer, des gendarmes sont depuis postés sur le site. À Toulouse, une maison était également occupée depuis l'automne 2020 par des squatteurs. Ces derniers ont fini par quitter les lieux le 11 février dernier.

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