Lot et Tarn-et-Garonne : mauvais début de saison pour les melons du Quercy à cause de la météo

Valorisé par une indication géographique protégée (IGP), le melon du Quercy ne se cueille qu'à maturité. Problème, le froid répété de ces dernières semaines l'empêche de mûrir. Le manque à gagner commence à se faire sentir pour les producteurs du Lot et du Tarn-et-Garonne.
Jean-Louis Andrieu, producteur de melons du Quercy (IGP) à Montalzat, dans le Tarn-et-Garonne, a vu sa production baisser en ce début de saison à cause d'une météo trop froide. juillet 2021.
Jean-Louis Andrieu, producteur de melons du Quercy (IGP) à Montalzat, dans le Tarn-et-Garonne, a vu sa production baisser en ce début de saison à cause d'une météo trop froide. juillet 2021. © Karen Cassuto / FTV

Une météo humide mais surtout, un temps froid et voilà que les melons du Quercy se grippent. Ou du moins ne mûrissent pas. Un retard de production de trois semaines à un mois est constaté sur toutes les exploitations de l'IGP.

Les melons attendent le soleil pour gagner des degrés de sucre

Sur son exploitation de Montalzat dans le Tarn-et-Garonne, à la limite du Lot, Jean-Louis Andrieu a dû chausser les bottes et pour l'instant, il ne peut qu'attendre le retour du soleil.

"Sur ce champ, on aurait dû récolter déjà entre le 20 et le 25 juin maximum" explique-t-il "et là, il reste presque tout à ramasser. Ses melons n'ont pas souffert de la pluie. Le calcaire sur lequel ils poussent évite que cette dernière les fragilise. En revanche, le froid persistant de ces dernières semaines les empêche de mûrir.  

La maturité des melons, c'est des degrés, c'est du soleil. Quand il n'y en a pas, ça ne mûrit pas, ça n'avance pas.

Jean-Louis Andrieu, producteur de melons du Quercy IGP

Il estime avoir déjà perdu entre 40 et 50 tonnes de melons par rapport à une année normale. Et même si sa récolte s'annonce plutôt prometteuse pour juillet, août et septembre, ce retard ne se rattrapera pas.

C'est un manque à gagner certain pour nous. On ne le retrouvera pas parce que la production se poursuit. S'il fait beau, on récoltera les champs les plus jolis mais on n'a pas la capacité de récolter 20 tonnes par jour pour après, c'est pas possible.

Jean-Louis Andrieu

Pour l'instant, Jean-Louis Andrieu a revu à la baisse le nombre de ses salariés. En temps normal, six personnes travaillent à temps plein à la récolte. En ce moment, ils sont seulement trois et seulement quelques heures le matin. Il estime avoir déjà perdu environ 20.000 euros de chiffre d'affaires. 

Une tendance générale pour tout l'IGP

Pour l'instant, cette baisse de production est impossible à chiffrer précisément mais elle concerne toute l'Indication géographique protégée. Les 91 exploitations qui la composent ont toutes subi ce froid du mois de juin, selon le syndicat interprofessionnel du melon du Quercy.

Cultivé dans des exploitations familiales sur 444 hectares, entre Lot et Tarn-et-Garonne, le melon du Quercy est récolté uniquement à la main et uniquement à maturité, quand son taux de sucre atteint 15 à 16 degrés. Il est protégé par une IGP depuis 2004. 9.000 tonnes de melons du Quercy ont été produites en 2020.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie météo