"C'est du jamais-vu !" face à l'augmentation des dégâts causés par les sangliers, les éleveurs en quête de solutions

Les dégâts de terrains dans le Lot par les grands gibiers constituent un réel problème pour les agriculteurs, source de perte économique. Des mesures pour tenter de régler ce problème dont l'allongement des périodes de chasse des sangliers viennent d'être annoncées le 14 février 2024.

"Il y a dix ans de ça, les sangliers ne retournaient pas les prairies. Depuis 7- 8 ans, c'est de pire en pire", constatent Jean-Luc et Corinne Maurel, éleveurs bovins, dans le Lot, installés à Lherm. Au total, plus de 9 hectares de prairie ont été détruits par les sangliers.

Le 14 février 2024, la préfète du Lot, Claire Raulin a annoncé plusieurs mesures pour tenter d'endiguer les conséquences liées aux dégâts causés par les grands gibiers.

Parmi elles, l'allongement de la période de chasse en battue traditionnelle ou encore le développement du piégeage. Car ces destructions mettent en péril ces parcelles qui servent de nourriture aux vaches des éleveurs et ont un impact sur leur trésorerie. "Il y aura une perte de quantité et de qualité, relate Corinne Maurel. Sur l'ensemble de nos prairies, ce sont facilement 60-70 balles de foin perdues, ça représente facilement un camion de forage qu'il faudra financer pour compenser cette perte économique."

Les mesures annoncées par la préfecture sont bien accueillies par la FDSEA du Lot, qui s'inquiète de la situation des agriculteurs.

"Dans certains endroits, si ça continue les agriculteurs seront chassés par les sangliers, il n'y aura plus d'agriculture possible. Et d'un autre côté, les chasseurs qui nous indemnisent les dégâts, ne seront plus en capacité financière de nous indemniser."

Thierry Noireau, président de la commission des dégâts des gibiers à la FDSEA 46

800 000 euros en 2023


Car les indemnités pour ces dégâts de gibier sont devenues trop importantes pour la Fédération des chasseurs. Jusqu'à 800 000 euros rien que l'an dernier. "C'est du jamais-vu ! s'exclame Michel Bouscary, président de la Fédération de chasse du Lot. Ça veut dire que derrière ça impacte sévèrement notre budget. Tout l'argent versé aux agriculteurs provient uniquement des chasseurs, on ne pourra plus payer."

Les chasseurs et les syndicats agricoles travaillent actuellement pour une refonte du système d'indemnisation. Un nouveau modèle devrait entrer en vigueur dans deux ans.