Colère des agriculteurs. Le Premier ministre promet des "prêts bonifiés" et laisse les vignerons d'Occitanie perplexes

Face à la colère des agriculteurs et à trois jours du Salon de l'Agriculture, le Premier ministre a pris la parole ce mercredi 21 février 2024. Gabriel Attal a évoqué des "prêts bonifiés" pour la filière viticole en Occitanie. Les viticulteurs du Languedoc et du Roussillon réagissent.

J-3 avant le Salon de l'agriculture et les agriculteurs français font toujours entendre leur colère en menant notamment des actions coups de poing dans des supermarchés.

Ce mercredi 21 février 2024, pour apaiser ces tensions, Gabriel Attal a annoncé les nouvelles mesures que compte mettre en place le gouvernement. Fin janvier 2024, le gouvernement instaurait un fonds d’urgence de 80 millions d'euros alors que beaucoup d'exploitations sont en grande difficulté économique.

"Prêts bonifiés"

Cette fois-ci, le Premier ministre a évoqué entre autres des "prêts bonifiés" pour renforcer la filière viticole en Occitanie. Une annonce qui laisse les acteurs de la filière vitivinicole assez perplexes.

Pour Jean-Pascal Pelagatti, ce terme de "prêts bonifiés" évoquerait "peut-être les aides apportées aux structures pour repousser leurs emprunts et renforcer leur trésorerie".

Les agriculteurs attendent donc d'en savoir plus pour comprendre.

Souvent les annonces sont faites dans le bon sens mais seules, elles ne valent pas grand chose.

Jean-Pascal Pelagatti - vigneron à Béziers, représentant FDSEA Hérault

De son côté, Benjamin Boillat Rami le président du syndicat Jeunes agriculteurs dans l'Hérault ne sait pas quoi en penser, "ces prêts bonifiés doivent avoir un lien avec les prêts sur investissements que l'on peut faire", imagine-t-il.

Aide à l'installation

Selon le jeune vigneron, "cette mesure aurait déjà été mise en place il y a quelque temps" et serait "remis au goût du jour pour aider à l'installation d'exploitations".

Malgré les efforts mis en œuvre, il ne pense pas que cela aidera réellement à augmenter le nombre d'exploitations.

C'est une première chose mais je crois que le fond du problème restera toujours la rémunération de l'agriculteur.

Benjamin Boillat Rami - président du syndicat Jeunes agriculteurs de l'Hérault

En réalité, le président du syndicat relève deux autres mesures qui selon lui "pourraient faire du bien aux exploitations plutôt que ces prêts bonifiés" :

  • Réduire voire supprimer les frais de succession, "qui sont énormes aujourd'hui".
  • Réduire voire supprimer la taxe foncière que doivent payer les agriculteurs sur le non-bâti.

On attend le Salon pour que nos représentants nationaux poussent le gouvernement à tout mettre en oeuvre rapidement.

Benjamin Boillat Rami - président du syndicat Jeunes agriculteurs de l'Hérault

"Mesure attendue"

Selon la Chambre d'agriculture de l'Hérault, cette mesure était "attendue" puisqu'elle "avait été évoquée le 2 février 2024 par le ministre de l'Agriculture" lors de sa venue à Montpellier.

La preuve, ce jeudi 22 février 2024, une réunion aura lieu avec la préfecture, la Chambre d'Agriculture et les banques qui auraient à ce stade, déjà anticipé l'évocation du sujet.

Réunion des acteurs du secteur

Ce mercredi 21 février 2024, le préfet de l'Hérault, François-Xavier Lauch, réunit la filière vitivinicole du Languedoc ainsi que les négociants en vin et représentants des grandes et moyennes surfaces à Montpellier. 

Une conférence de presse est programmée à 17 heures, à l’issue de cette réunion à la préfecture de l'Hérault.