"20 000 euros maximum par exploitation, l'enveloppe est trop juste" : le fonds d'urgence pour les viticulteurs déjà critiqué

Le gouvernement a annoncé la mise en place d’un dispositif d’aide d'urgence pour aider la filière viticole. Baisse des ventes, sécheresse, maladies, le secteur traverse une crise profonde. 80 millions d'euros seront répartis dans plusieurs départements. Dans le Tarn, cette aide est jugée insuffisante.

Moins en première ligne que leurs collègues éleveurs, les viticulteurs français sont pourtant bien engagés dans le combat que mène le monde agricole depuis plusieurs semaines. Le secteur du vin traverse une crise profonde. Aléas climatiques, maladies, inflation, baisse des ventes : les vignerons accumulent les obstacles.

Beaucoup d'exploitations sont en grande difficulté économique. La moitié sud de la France apparaît comme la plus impactée. Pour les soutenir, le gouvernement a annoncé la mise en place immédiate d’un fonds d’urgence de 80 M€.

1,15 million d'euros pour le Tarn

Cette enveloppe a été répartie dans plusieurs départements français en fonction de l'importance de l'activité viticole. Dans le Tarn, cette aide se chiffre à 1,15 million d’euros. Elle vise à soutenir les viticulteurs dont les difficultés de trésorerie ont été accrues par les pertes de production ou les pertes économiques subies en 2023.

"Ce fonds sera déployé avec une ouverture des demandes en préfecture dès le lundi 5 février 2024, et les premiers paiements auront lieu avant le Salon international de l’agriculture", assure le gouvernement.

Cette aide n'est pas suffisante. 20 000 euros maximum par exploitation, l'enveloppe est trop juste. Dans le Tarn, on estime que 80% des 350 viticulteurs subissent de grandes difficultés.

Cédric Carcenac, président de la maison des vins de Gaillac (Tarn)

"Il faudrait déjà que les aides dues aux vignerons soient versées, comme celles de la PAC ou encore la subvention assurance récolte qui a été avancée par la plupart des exploitants en 2023. Ce qui engendre un énorme trou dans la trésorerie des entreprises" poursuit Cédric Carcenac. 

Une aide plafonnée

Pour pouvoir en bénéficier, les viticulteurs doivent avoir subi une perte de chiffre d'affaires sur l'année 2023 ou une perte d'EBE (excédent brut d'exploitation) sur le dernier exercice comptable clos de plus de 20%, ou avoir déclaré plus de 20% de pertes de récolte.

L'aide ne pourra pas dépasser 20 000 € par exploitant en respectant le plafond des aides de minimis.

Les exploitants ont jusqu’au 6 mars 2024 pour transmettre leur demande à l’adresse suivante :
https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/fonds-d-urgence-viticulture-2023-tarn

Une autre aide structurelle

L'État va aussi apporter son aide avec 150 millions d'euros en plus des fonds du programme national viti-vinicole. Cet appui servira à soutenir une restructuration agricole, notamment en permettant l'arrachage des vignes sans replantation.

L'objectif est d'encourager les viticulteurs qui veulent arrêter la production de vin à rester actifs dans l'agriculture. Ils pourront alors investir dans d'autres cultures adaptées à leur région et à leur climat, tout en continuant à bénéficier du programme national d'aide.