Fidèle au poste pendant près de 50 ans, un pompier volontaire du Lot devient recordman de France

Pour une fois, il ne s’agit pas d’un départ de feu, mais d’un départ tout court. Et pas des moindres. Celui qui détient le « record de longévité » au sein d’une même caserne, vient de raccrocher la tenue définitivement. Portrait d’un homme engagé pour les autres durant un demi-siècle.

Il compte trés précisément à son actif 49 ans et 8 mois de bons et loyaux services chez les pompiers du Lot. C'est une sacrée page qui se tourne pour Jean-Claude Fel et ses collègues de la caserne de Bagnac-sur-Célé. Celui que tous surnommaient affectueusement "Petit Léon" (en référence à son père, Léon, lui-même pompier) faisait partie des murs. Il vient de raccrocher, tout en détrônant au passage le précédent record (seulement 48 ans, 8 mois et 19 jours !).

Pompier volontaire depuis ses 16 ans

Le sergent Fel intègre les rangs des pompiers le 1er janvier 1972, l’année de ses 16 ans pour ne plus jamais les quitter. Après son service militaire chez les pompiers de Paris, il commence son volontariat à Bagnac-sur-Célé, dans le Lot, et gardera sa « carte de fidélité » pendant 50 ans, tout en travaillant comme agent d’entretien pour la mairie du village.
 

Jean-Claude Fel a vu défiler les recrues pendant près d’un demi-siècle, tout en étant le pilier de la caserne. Il garde en mémoire les déclenchements sur des grosses interventions :
« Certaines marquent plus que d’autres évidemment. Dans le désordre, il y eu les colonnes (renforts dans d’autres départements) sur les gros feux dans le Var, les inondations dans le Gard ou à la Faute-sur-Mer (après le passage de la tempête Xynthia en 2010), la grosse tempête de 1999 où je suis intervenu dans les Landes et puis aussi le naufrage de l’Erika (en décembre 1999) et celui du pétrolier Prestige (en novembre 2002), la marée noire en Bretagne… »

Les souvenirs sont gravés mais c’est avec beaucoup d’humilité que celui qui a dédié sa vie aux autres les fait remonter dans sa mémoire. Et en haute place dans les souvenirs, il y a sa « deuxième famille » de la caserne.

À la caserne désormais, un grand vide

Jean-Claude Fel a clairement marqué les esprits tout au long de son impressionnante carrière. Le chef de centre actuel, Jean-Paul Pancou, ne cache pas son émotion en évoquant ce départ : « C’était le papa de tout le monde, il nous a tous vus arriver ! Il a donné 50 ans de sa vie pour secourir et soulager. On était tellement habitués à ce qu’il soit là, cela fait un grand vide. Et en temps que chef de centre, savoir qu’un élément fiable comme lui était là, c’était très appréciable. C’est une perte pour la caserne ».

Il faut dire que le sergent Fel n’a jamais compté ses heures. Il était fidèle au poste à toute heure du jour et de la nuit, ou encore pour les astreintes de week-end. Une disponibilité à 200%, sa persévérance, son amitié sincère, sa fiabilité, son amour des autres et de la nature : ses collègues ne manquent pas de qualificatifs élogieux à son égard.

Pour son dernier jour en tenue de pompier, le jour de ses 65 ans, ils lui ont fait la surprise d’une parade, à bord d’un de leurs véhicules, dans les rues du village. Les compagnons de terrain ont fait une jolie haie d’honneur pour le sergent et celle qui a accepté son engagement chronophage et ses absences de cinq à six jours récurrentes, son épouse Jeanette.

Le témoin de 50 ans d’évolution du métier de pompier

Ils sont peu nombreux à pouvoir comparer le métier sur une période de cinquante ans :

« Avant on avait les sirènes pour être déclenchés, puis les bipeurs sont arrivés. À chaque intervention, la machine choisissait les effectifs en fonction des compétences et des interventions. Le matériel a beaucoup évolué aussi. Le nombre d’interventions aussi. À la caserne au début, nous avions deux véhicules, maintenant il y en a six. »

Jean-Claude Fel n’a pas encore tourné la page de cinquante années d’engagement, sa nouvelle vie vient à peine de commencer. Une chose est sure, le tout jeune retraité veut se consacrer à sa famille et à sa seconde passion : la chasse. D’ici là, des cérémonies avec remise de médaille seront organisées pour rendre hommage aux qualités humaines de ce pompier volontaire. Et saluer ce qui n’existe probablement plus ailleurs : une carrière d’un demi-siècle dans la même caserne.

 

 

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