Les phosphatières du Cloup d'Aural (Lot) : un site unique au monde pour comprendre l'impact du réchauffement climatique

Ancienne mine de phosphate située à Bach dans le Lot, les phosphatières du Cloup d'Aural sont prisées par les paléontologues du monde entier pour la richesse de leurs sédiments. Des fouilles permettent de comprendre l'évolution des climats sur plus de 30 millions d'années.

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Au cœur du Causse du Quercy, à Bach dans le Lot, des paléontologues s’affairent autour de prélèvements d'argile. Sur le site des phosphatières du Cloup d'Aural, ils sont une trentaine à explorer le sous-sol.

A vue d'œil, cela ressemble à un banal tas de terre. Mais, ce gisement recèle des milliers de petits fossiles vieux de 30 millions d'années.

Rongeurs et chauve-souris

Prélevés à plus de 20 mètres sous terre, les morceaux d'argiles sont ensuite passés au tamis. Grâce à l'œil expert des étudiants et chercheurs en paléontologie, des centaines de "bouts d'os" sont recueillies.

Ici il y a une mâchoire, là des dents et à côté des vertèbres. Il s'agit certainement d'un petit rongeur. Nous avons aussi trouvé des os de chauve-souris vieux de 34 millions d'années.

Gilles Escarguel, responsable scientifique des fouilles

Ce gisement très prometteur provient d’une phosphatière nouvellement explorée dans le secteur. "On pense qu'elle date de 30 à 35 millions d'années. Avec une incertitude de 200 à 300 000 ans." explique Gilles Escarguel. "C'est une photographie qui nous permet de capter l’état de la biodiversité il y a environ 30 millions d’années."

Comprendre l'impact du changement climatique

Ces microfossiles sont précieux pour comprendre l'évolution de la faune à travers des millions d'années.

Il y a 34 millions d'années, il y a eu un très grand changement climatique à l'échelle planétaire avec de gros impacts sur la biodiversité. Cette phosphatière nous montre comment, après une période froide et sèche, lentement, le climat est redevenu plus chaud et plus humide. Et quels sont les animaux qui ont pu faire face à ces changements.

Thierry Pélissié, Géologue et Président de l'association des Phosphatières du Quercy

Ces informations sont indispensables pour interpréter la façon dont la biodiversité actuelle peut s'effondrer face au réchauffement climatique. Mais "le changement que nous vivons est entre 100 à 1000 fois plus rapide que celui qui s'est produit il y a 34 millions d'années." précise le géologue.

Un site unique au monde

Exploitées au 19e siècle pour le phosphate, un engrais naturel destiné à l’agriculture, ces cavités sont aujourd’hui prisées par les paléontologues du monde entier pour la richesse des fossiles qu'elles renferment.

Depuis les années 1960, des chercheurs, spéléologues, paléontologues, géologues et biologistes sondent leurs sous-sols. Sur les 300 gouffres répertoriés sur le Causse, 200 ont fourni des fossiles d’une grande valeur scientifique.

Le Cloup d’Aural est le seul site au monde où l’on peut étudier le changement climatique sur la faune et la flore avant pendant et après qu’il se soit produit.

Thierry Pélissié, Géologue et Président de l'association des Phosphatières du Quercy

Tous les fossiles minutieusement triés et répertoriés sont conservés à l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier. En 2016, les phosphatières du Quercy ont été labellisées Géoparc mondial de l'Unesco. Elles font ainsi partie des zones géographiques uniques au monde protégées pour leur importance géologique internationale.