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Centenaire 14-18 : le dernier mort Augustin Trébuchon était un Lozérien

Augustin Trébuchon, berger de Lozère et dernière victime de la guerre 14-18
Augustin Trébuchon, berger de Lozère et dernière victime de la guerre 14-18

11 novembre 1918, le clairon du cessez-le-feu a retenti à 11 heures. Le soldat Augustin Trébuchon n’a pas pu l'entendre. La dernière balle allemande fut fatale à ce Lozérien. Il avait pourtant survécu à quatre ans d'une des guerres les plus meurtrières du siècle dernier.

Par Isabelle Bris

10 heures 50, Vrigne-Meuse : le soldat Trébuchon répète des gestes qu’il a déjà accomplis, en tant qu’estafette, à de multiples reprises. Sous le feu des mitrailleuses allemandes, avec le tonnerre de l’artillerie qui l’assourdit, il court porter un message à son capitaine. Soudain, une balle allemande le fauche en pleine course.

Le site verdun-meuse.fr qui raconte l'histoire.
 

Au feu depuis août 1914


Augustin Joseph Louis Victorin Trébuchon est naît le 30 mai 1878 au Malzieu-Forain en Lozère, d’un père cultivateur et d’une mère ménagère. La mobilisation d’août 1914 le trouve berger communal à Freyssinet. Il nourrissait le projet de se marier.

Déjà âgé de 36 ans, il est affecté dans un régiment de réserve, le 415ème R.I. Soldat valeureux il prend part aux plus grandes batailles : la Marne, Verdun, l’Artois et la Somme. Sa fonction d’agent de liaison est particulièrement dangereuse. Blessé à deux reprises, il regagne toujours le front et les premières lignes. En 1918, les hommes de troupe au feu depuis août 1914 sont une espèce particulièrement rare.

 
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Il prend part aux plus grandes batailles

Pendant les derniers combats de novembre 1918, Augustin est soldat de première classe et estafette du capitaine commandant la 9e compagnie du 3e bataillon du 415e R.I. Le 8 novembre 1918, Augustin Trébuchon et ses camarades sont à la poursuite des Landser en retraite et pénètrent dans les Ardennes. Le 9 est une journée de repos après la reprise de Sapogne-et-Feuchères.Une nouvelle sensationnelle parcourt les cantonnements et provoque une certaine excitation parmi des hommes pourtant épuisés : le commandement allemand à fait part de son désir de convenir d’un armistice.

En réalité, dès les premières minutes du 7 novembre, les autorités de l’Empire allemand ont fait part de leur intention d’envoyer des plénipotentiaires. Tôt le 8 novembre, le train transportant les négociateurs allemands s’est garé sur la voie de droite d’un site destiné à la célébrité mondiale…la future clairière de l’Armistice sur le territoire de Compiègne.

 
Lozère : le dernier mort de la guerre 14-18 est le soldat Trébuchon
11 novembre 1918, le clairon du cessez-le-feu a retenti à 11 heures. Le soldat Augustin Trébuchon n’a pas pu l'entendre. La dernière balle allemande fut fatale à ce Lozérien. Il avait pourtant survécu à quatre ans d'une des guerres les plus meurtrières du siècle dernier. - M. Buisson / A. Delcourt / B. Vignais / J. Michaan F. Fontaine
 

Poursuite de l'offensive


Pourtant, le retour au foyer n’est pas encore d’actualité. Désirant maintenir la pression sur les plénipotentiaires allemands, le Maréchal Foch ordonne la poursuite précipitée de l’offensive au-delà de la Meuse. Dans la nuit du 9 au 10 novembre, le commandant Charles de Menditte, placé provisoirement à la tête du 415e R.I., dirige l’assaut de ses hommes sur la rive droite de la Meuse.

Le petite tête de pont française est très précaire et vacille le 10 novembre sous la violence des contre-attaques allemandes. Le matin du 11 novembre, le sort des armes est encore incertain. Toutefois, à 9 heures 45, un message officiel du Maréchal Foch annonce que l’Armistice entre en vigueur à partir de 11 heures. Les obus continuent de tomber dans les lignes françaises et le feu des mitrailleuses reste dense. A 10 heures 50, faisant office d’agent de liaison le soldat de 1re classe Trébuchon s’effondre, mortellement atteint à la tête. Quelques minutes plus tard, le clairon Delalucque sonne l’Armistice.
 

Volontairement oublié


La mémoire du dernier mort français de la Grande Guerre est intimement liée à celle des combats de Vrigne-Meuse. Or ces derniers ont volontairement été oubliés au lendemain de la guerre. En effet, la mort de centaines d’hommes dans une offensive mal préparée et n’ayant qu’un but politique embarrassait le commandement. Pour éviter toute polémique, la date de décès des victimes du 11 novembre est d’ailleurs antidatée au 10 novembre.

De même, comme on peut le constater sur la fiche « mort pour la France » d’Augustin Trébuchon, la localité de la mort est déplacée de Vrigne-Meuse à Dom-le-Ménil, sur la rive gauche de la Meuse… Avec 17 de ses camarades du 415e R.I., Augustin Trébuchon est inhumé dans le carré militaire du cimetière du village de Vrigne-Meuse.
 

Les passions s'estompent


Les années 2000 arrivant, les passions se sont estompées et un nouveau regard est porté sur ces événements. En 2008, la publication commentée des souvenirs de Charles de Menditte par son petit-fils démontre sans ambiguïté le drame que furent ces ultimes combats sur la Meuse. La commune de Vrigne-Meuse s’est également emparée de la mémoire du dernier poilu mort pour la France et lui a rendu hommage, le 11 novembre 2008, par l’inauguration d’une rue Augustin Trébuchon.

Enfin, l’autorité militaire a elle-même évolué. Ainsi, lors de la mise en ligne sur le site « mémoire des hommes » de la fiche d’Augustin Trébuchon, le lieu de la localité a été corrigé et l’on peut y lire aujourd’hui : « Vrigne sur Meuse (Ardennes) à 10h00 ».

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