Lozère : pas de tir de prélèvement contre les loups, les éleveurs en colère

Le préfet Philippe Castanet revient sur ses propos concernant les tirs de prélèvements contre les loups de Lozère. Une décision qui viendrait du référent national sur le plan loup. Cette volte-face ne passe pas du tout auprès des éleveurs lozériens.

C'est un revirement. Après avoir annoncé avoir autorisé le 26 septembre pour la première fois des tirs de prélèvements en Margeride, le préfet de Lozère Philippe Castanet, revient sur ses propos. "Le préfet coordonnateur [Jean-Paul Celet] m'a demandé de d'abord passer par l'étape intermédiaire, le tir de défense territoriale", a précisé mardi à Midi Libre Philippe Castanet. "Il consiste à transformer les tirs de défense simple en tirs de défense renforcée, et ainsi à multiplier les lieux où l'on installe des chasseurs et des louvetiers."

Cette mesure a été lancée lundi. Le préfet assure que si aucun animal n'est abattu en Margeride d'ici la fin de la semaine, il poussera auprès du préfet coordonnateur pour passer au tir de prélèvement. Selon Midi Libre, Philippe Castenet rencontre Jean-Paul Celet le vendredi 14 octobre à Lyon.

Des éleveurs lozériens ulcérés

Un rétropédalage qui ne passe pas auprès des éleveurs. Suite à ces annonces, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs de Lozère ont quitté mardi une réunion de la Commission départementale d'orientation de l'agriculture (CDOA). Ils ont annoncé ne plus vouloir participer à des échanges, tant que la question du loup ne serait pas centrale.

"L'Etat nous ignore et nous méprise. Pas le préfet de la Lozère mais plutôt au niveau régional", explique Hervé Boudon, président des Jeunes agriculteurs lozériens, interrogé par France Bleu Gard Lozère mercredi.

"Ça ne sert à rien"

Selon lui, "le préfet Mailhos [le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et coordonnateur national du plan loup] est passé au-dessus du préfet Celet, qui avait donné son accord du tir de prélèvement". De plus, "ils ont mis en place un tir de défense renforcé territorial, mais ça ne sert à rien", assure l'éleveur.

Contactée par France 3 Occitanie, la préfecture de Lozère ne confirme pas l'information, et renvoie vers le préfet coordonnateur, Jean-Paul Celet. Pour l'heure, le référent national sur le plan loup n'a pas répondu à nos sollicitations.