Témoignage : un maire raconte la vie d’un village paralysé par le covid

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Écrit par Ophélie Le Piver
Depuis début janvier, le village est paralysé par la vague Omicron
Depuis début janvier, le village est paralysé par la vague Omicron © Xavier Poudevigne

Xavier Poudevigne est le maire de Prinsuejol-Malbouzon, un village de 265 âmes situé sur l’Aubrac, en Lozère. Depuis le début de l’année, la commune est à l’arrêt, paralysée par la vague Omicron. Témoignage.

Le plateau de l’Aubrac a tout de la carte postale idyllique. Mais en plein hiver, les conditions de vie sont souvent rudes. Cette année, à l’isolement et à la neige, les 265 habitants de Prinsuejol-Malbouzon doivent faire face à un nouveau défi : la vague Omicron se propage dans le village. “Nous avons beaucoup de cas depuis janvier. Moi je l’ai attrapé, mes frères, mes parents l’ont attrapé. Seuls mes enfants et ma compagne y échappent pour l’instant” témoignage Xavier Poudevigne, le maire de la commune. “Le personnel communal et le personnel de l’école sont aussi positifs. Il ne me reste plus qu’une assistante maternelle, et elle est à mi-temps.”

Pas de services communaux

Conséquence : la mairie est fermée, les services communaux sont à l’arrêt, et Prinsuéjols-Malbouzon, où tout le monde se connaît et discute habituellement, prend des airs de village fantôme. “En général, en début d’année, on est bien content de rencontrer ses amis et ses voisins. On s’invite les uns chez les autres et on se souhaite bonne année. Là, chacun reste chez soi et on s’enferme tous derrière nos portes”, se désole celui qui est aussi agriculteur. “Les courses sont déposées sur les paillassons par ceux qui sont encore négatifs. Le village est à l’arrêt. On perd du service, on perd du lien social.”

L'école et la garderie également fermées

Dans la commune, l’école ne compte qu’une classe unique de 14 enfants. Mais depuis la rentrée de janvier, elle n’a pu ouvrir que 4 jours dont deux où la moitié des enfants étaient absents ainsi qu’une assistante maternelle, positive elle aussi.

La garderie est désormais fermée faute de personnel. La cantinière elle aussi est touché par le virus. C’est finalement le personnel de la Communauté de commune de Peyre-en-Aubrac qui est venu les secourir. “Sans la cantinière, ni les employés communaux, impossible d’aller chercher les repas pour les enfants le midi”, raconte Xavier Poudevigne. “Ce sont donc les employés de la Comcom qui ont fait la navette les jours où l’école était ouverte pour qu’on puisse maintenir la cantine mais c’est très compliqué”

20 km pour trouver des tests

Aux difficultés d’organisation, s’ajoute celle de la pénurie de tests. Impossible pour l’école d’en obtenir. “Nous en avons réclamer plusieurs fois à l’ARS mais sans résultat”, déplore-t-il. Et les pharmacies environnantes sont en rupture de stock. Après s’être rendus à Nasbinals (9 km), puis Aumont-Aubrac (15 km) et Marvejols (25 km) sans succès, c’est finalement à Saint-Chély-d’Apcher (19 km) que les habitants ont pu se fournir en autotests.

“C’est sans fin, sans tests, d’autres continuent de se contaminer ! Ce serait bien que l’ARS et l’Education nationale mettent en place un protocole qui ait du sens et qui n’oblige pas les parents à créer des clusters comme c’est le cas aujourd’hui en nous obligeant à faire des tests qu’on ne peut pas se procurer.” 

L’unique classe de la commune reste fermée ce jeudi. La professeur des écoles participe au mouvement de grève, soutenue par son village.

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