Gilets jaunes : Ricou, le “marcheur“ de Lozère a vécu une ”aventure extraordinaire”

Eric Lunier, gilet jaune lozérien de la première heure, a réussi son défi : aller à pied jusqu'à Paris et remettre des lettres de doléances au gouvernement. / © Crédit : Eric Lunier
Eric Lunier, gilet jaune lozérien de la première heure, a réussi son défi : aller à pied jusqu'à Paris et remettre des lettres de doléances au gouvernement. / © Crédit : Eric Lunier

Il y a trois semaines, Eric Lunier alias "Ricou" et trois autres gilets jaunes, partaient à pied de Mende pour rejoindre Paris. Leur but : remettre leurs doléances à Emmanuel Macron, en mains propres. L'objectif n'a pas été totalement atteint mais Ricou ne regrette rien.

Par Olivia Boisson


Nous avons contacté Eric Lunier par téléphone. Ce 26 décembre aux alentours de 11 heures, il rentrait à peine à Mende. Il avait pris le bus pour rentrer de Paris. Il nous a raconté son périple.
 

"Une réelle différence entre Paris et la province"


Au départ, Eric Lunier était accompagné de trois autres gilets jaunes pour entamer une marche d’environ 800 kilomètres. Pendant ces trois semaines de périple, Ricou a rencontré d’autres manifestants et a fait « de belles rencontres ». Il a d'ailleurs partagé tous ces moments sur les réseaux sociaux.
 


Le lozérien a également constaté une nette différence entre la capitale et la province.

Je me suis rendu compte de la colère qu’il y a en province. Les gens sont survoltés. A Paris, c’est complètement différent : les gens sont plus cloisonnés, craintifs. Comme s’ils avaient peur des représailles.
 

« Ca va se compliquer sérieusement »


Sur certains points de mobilisation, Ricou a ressenti beaucoup de haine de la part des gilets jaunes. « Moi personnellement, je suis non-violent. Mais je peux vous assurer qu’en janvier et février, ça va se compliquer sérieusement si rien n'évolue ! »

Au fil des jours et des kilomètres, le groupe de « marcheurs » s’est renforcé. « Certains sont partis, d’autres nous ont rejoints… A Paris, nous étions une quinzaine. »
 

Un objectif presque atteint


Les « marcheurs » sont arrivés à Paris le 25 décembre aux alentours de 16 heures. Dans leurs sacs, plus de 200 courriers venus de toute la France. Plus qu’une étape : les remettre au Président de la République.

« J’ai été surpris par les forces de l’ordre », confie Ricou. « Quand j’ai voulu entrer sur le parvis de Notre-Dame qui était interdit aux gilets jaunes, certains CRS m’ont reconnu. Ils m’ont laissé entrer, j’étais le seul gilet jaune à y être. »
 
 

Bloqués à 300 mètres de l’Elysée


Puis les marcheurs tentent de s’approcher de l’Elysée. Impossible d’y accéder, bloqués par les forces de l’ordre.
Eric Lunier dénonce « l’amateurisme total de ceux qui entourent le Président de la République ».

On a fait 800 kilomètres, ils avaient l’occasion de jouer la carte de l’apaisement. Ils se sont complètement vautrés.

« Mais je m’y attendais » affirme le lozérien. Un conseiller du Président est finalement venu récupérer les lettres, juste devant la statue du Général de Gaulle. « Nous étions entourés de 50 CRS, ça a duré près d'une heure et demi. Je n’avais pas l’intention de lâcher le morceau. »
 

D’autres projets en vue


La suite du programme est chargée pour Eric Lunier. A peine rentré de Paris, il s’apprêtait à rejoindre les autres gilets jaunes sur un rond-point de Fontanilles à Mende.

Le « marcheur » a eu des propositions pour d’autres périples qui auraient lieu à partir du mois de janvier en Alsace et en Bretagne.

Il met également au point un projet, secret pour le moment... « Tout dépendra de l’évolution »… En tous les cas, Eric Lunier a un seul mot d’ordre : se battre, mais jamais avec violence.


 

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