Médias : "Avec Altice, la confiance n'est plus là" : les salariés de Via Occitanie opposés à la reprise par BFM TV

INFO FRANCE 3 OCCITANIE. Le Tribunal de commerce de Nîmes rend son délibéré le 8 avril pour la reprise de Vià Occitanie, en redressement judiciaire. Deux projets sont en lice : celui du groupe La Dépêche du Midi, mais aussi celui d'Altice, qui possède BFM. Pour les salariés, le choix est clair.

Les salariés de Vià Occitanie sont toujours dans l'incertitude quant à l'avenir de leur chaîne.
Les salariés de Vià Occitanie sont toujours dans l'incertitude quant à l'avenir de leur chaîne. © Vià Occitanie

C’est un feuilleton à rebondissements dont ils espèrent bientôt voir l’issue. Les 120 salariés de Vià Group - qui regroupe notamment les chaînes en Occitanie, diffusées à Nîmes, Montpellier, Perpignan et à Toulouse -  attendent avec impatience le délibéré jeudi du Tribunal de commerce de Nîmes. Les juges doivent trancher entre deux offres de reprise : celui du groupe La Dépêche du Midi et celui du groupe Altice - qui possède notamment BFM. Tous deux proposent de reprendre 45 salariés et d’injecter 1.000.000 d’euros. Jusqu’ici seul le groupe de presse détenu par la famille Baylet était en lice. Mais au dernier moment, BFM s’est repositionné sur ce dossier. Pour les salariés, c’est un cauchemar qui dure depuis maintenant deux ans. Leur préférence va clairement vers le projet défendu par La Dépêche du Midi. Nous avons interrogé Olivier Roirand, Représentant du personnel de Via Occitanie.

Olivier Roirand, le représentant du personnel de la chaîne Vià Occitanie
Olivier Roirand, le représentant du personnel de la chaîne Vià Occitanie © Vià Occitanie

Dans quel état d’esprit sont les salariés à deux jours de la décision du Tribunal de commerce ?

Olivier Roirand : Ils sont à bout, ils n’en peuvent plus d’attendre et espèrent sortir de cette période d’incertitude. Il y a un moment où il faut que cela s’arrête, qu’on cesse de tergiverser, que les salariés sortent de cette période de flou. La base de tout, c’est la confiance. Or avec Altice, elle n’y est plus. J’ai consulté 45 des 60 salariés, et ils sont formels.

Pourquoi cette défiance vis à vis d’Altice ?

Olivier Roirand : Les salariés ont très mal vécu quand en novembre dernier le groupe a rompu les négociations autour de l’entité commune BFM-VIÀ REGIONS visant à développer un réseau de chaines locales. Cela faisait deux ans qu’il y avait des négociations. Altice voulait se marier avec nous et finalement, le jour des noces le groupe s’est retiré. Ça, les salariés ne l’ont pas oublié et tous se demandent pourquoi subitement ils reviennent dans la course au dernier moment.

Que pensent ils du projet de reprise du groupe La Dépêche du Midi ?

Olivier Roirand : C’est un groupe que nos salariés connaissent. Il y a un partenariat, il y a déjà des échanges, il y a des habitudes de travail communes. On préfère aller vers un groupe qu’on connaît, qui est sérieux avec un vrai projet ambiteux, plutôt que vers des personnes en qui nous n’avons plus confiance. D’autant que le projet de La Dépêche du Midi a été réévalué suite à l’offre de dernière minute du groupe Altice. On compte bien sauver les 45 emplois que “La Dépêche” s’est engagé à reprendre.

La chaîne comptait 120 salariés avant la décision de placement en redressement judiciaire.
La chaîne comptait 120 salariés avant la décision de placement en redressement judiciaire. © Vià Occitanie

 

Pensez vous qu’on tiendra compte de l’avis des salariés ?

Olivier Roirand : Normalement, devant le Tribunal de commerce, la parole des salariés ne représente qu’un avis. Mais on a bon espoir d’être entendus dans cette affaire. Après, face aux impératifs économiques, face à un gros chéquier on ne sait jamais ce qui peut se passer. On verra bien ce que vaut notre parole.  Jeudi, tout peut arriver selon nous. Soit le Tribunal, dans son délibéré, choisit le projet revalorisé de reprise du Groupe La Dépêche, soit il décide de repartir dans une nouvelle procédure de rachat. En incluant l’offre d’Altice.
Moi j’ai 60 salariés qui sont à bout, c’est inacceptable. Pour nous, c’est deux jours et deux nuits d’angoisse à venir.

 

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