Occitanie : 6 personnes en garde à vue à Montpellier et Toulouse soupçonnées de financement du terrorisme

29 personnes, dont 6 en Occitanie, ont été arrêtées et placées en garde à vue après une vaste opération antiterroriste menée en France, mardi. Ces interpellations sont le résultat d'une enquête ouverte en janvier pour financement du terrorisme et association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Jean-François Ricard, procureur au parquet national antiterroriste, le 3 juillet 2019, au tribunal de Paris.
Jean-François Ricard, procureur au parquet national antiterroriste, le 3 juillet 2019, au tribunal de Paris. © MARTIN BUREAU / AFP
29 personnes, dont quelques proches de femmes et d'enfants de jihadistes détenus en Syrie, ont été placées en garde à vue mardi, en France, lors d'un vaste coup de filet contre un réseau de cyberfinancement du terrorisme.
6 personnes ont été interpellées à Montpellier et Toulouse et une à Avignon, puis placées en garde à vue pour un maximum de 96 heures.
21 personnes supplémentaires, dont une résidant à Nîmes, ont fait l'objet d'une audition libre, mardi également pour avoir envoyé de l'argent à des proches dans des camps.

"L'audition de ces personnes est nécessaire pour établir le fonctionnement précis de cette structure et son ampleur", a précisé le parquet.

55 perquisitions dans 26 départements

Menée par 360 agents de la police judiciaire, de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et 10 équipes du Raid, l'opération menée mardi a conduit à 55 perquisitions et 29 gardes à vues, a annoncé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué.
Ces perquisitions ont eu lieu notamment dans l'Hérault, le Gard, en Haute-Garonne, dans le nord de la France et en Ile-de-France.

Ces personnes sont soupçonnées "pour la plupart d'avoir injecté des fonds", totalisant des "centaines de milliers d'euros, "dans le réseau au bénéfice de proches se trouvant en Syrie, et, pour deux d'entre eux, d'avoir joué le rôle de chevilles ouvrières du système de cyberfinancement" par des crypto-monnaies.
Cette opération fait suite à l'ouverture le 24 janvier par le Pnat d'une enquête pour "financement du terrorisme" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle", après un signalement de la cellule antiblanchiment Tracfin.

De la cryptomonnaie pour financer le terrorisme ?

Selon le parquet, des dizaines de personnes résidant en France se sont rendues "à maintes reprises" depuis 2019 dans des bureaux de tabac pour acheter anonymement des coupons (de cryptomonnaie) d'une valeur comprise entre 10 et 150 euros" et les créditer sur des comptes ouverts depuis l'étranger par des jihadistes.
Au cours des investigations, les enquêteurs ont pu identifier "deux jihadistes français" à l'origine de ce réseau, Mesut S. et Walid F., tous deux âgés de 25 ans.

Ayant rejoint ensemble la Syrie en 2013, ils sont suspectés d'être des membres du groupe terroriste Hayat Tahrir Al-Sham (HTS) affilié à Al-Qaïda et sont visés par un mandat d'arrêt" depuis leur condamnation par défaut à 10 ans d'emprisonnement en avril 2016.

Extrait du communiqué de Parquet national antiterroriste.

Parmi les 29 personnes placées en garde à vue, 10 sont fichées "S" pour radicalisation islamiste.

Le Collectif des familles unies dénonce "une opération indigne"

Il regroupe une centaine de familles de Français présents en Syrie et en Irak et dénonce les arrestations et perquisitions les visant.

Il est reproché aux familles d’avoir envoyé de l’argent à leurs filles ou leurs belles-filles actuellement détenues par les Forces démocratiques syriennes et l’administration kurde du nord-est de la Syrie.

Extrait d'un communiqué du Collectif des familles unies.

Le collectif dénonce par conséquent une "opération de police indigne" et des "poursuites honteuses". "Si l’Etat ne veut pas que les familles aident leurs petits-enfants à survivre, qu’il les rapatrie immédiatement", insistent les familles. Ces dernières affirment qu'elles "n’abandonneront jamais ces enfants".
 
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