L'opposition de droite dénonce les “faux chiffres” de la Région Occitanie sur la fusion

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Un coût volontairement "gonflé". L'opposition régionale estime que Carole Delga avance de faux chiffres s'agissant des travaux d'aménagement de l'hémicycle toulousain. Selon les élus de droite et du centre, la manoeuvre vise à justifier la tenue des assemblées pléinières à Montpellier.

Par Laurent Dubois

Ce jeudi 31 mai, l'opposition régionale a tenu une conférence de presse. Dans les locaux de l'hôtel de Région, face à plusieurs medias nationaux et locaux, les élus de la droite et du centre ont dressé un véritable réquisitoire contre "les choix dispendieux de Madame Carole Delga".

L'intitulé du point presse donnait le ton. Explosion des dépenses du personnel et autres frais ont été pointés du doigt. Mais c'est surtout le coût la tenue des assemblées plénières à Montpellier qui a été épinglé. Depuis le début de son mandat, la présidente de Région justifie la tenue des "plénières" à Montpellier par des raisons budgétaires.

A Toulouse comme à Montpellier, il faut agrandir les hémicycles pour héberger les 158 élus de la nouvelle Occitanie. Carole Delga estime la facture trop élevée et opte pour une location. La présidente de Région chiffre à 8 millions d'euros les travaux côté toulousain et à 12 millions s'agissant de Montpellier. Pour l'opposition régionale, ce chiffrage est totalement "fantaisiste", "ne repose sur rien" et traduit simplement un "choix politique".

Pour appuyer sa position, les élus de la droite et du centre ont sollicité un "témoin", l'architecte du conseil régional toulousain, Jean-Pierre Estrampes.

Présent lors de la conférence de presse, le concepteur de l'hôtel de région en ex-Midi-Pyrénées est formel. Il dément le chiffrage de Carole Delga. "Avec de l'argent et des millions d'euros ont peut tout faire et mettre de l'or sur les murs. Mais un agrandisssement peut être réalisé pour un coût facilement amortissable et cela reviendra bien moins cher qu'une location à Montpellier".

Coût de la Fusion

L'élue toulousaine Elisabeth Pouchelon enfonce le clou et évoque l'absence de devis. La conseillère régionale refuse de parler de "mensonge" de la part de Carole Delga. Mais Elisabeth Pouchelon produit un document de la région (un mémoire en défense suite à une saisine du tribunal administratif) et affirme : "la région avoue elle même que le devis n'existe pas".

Polémique autour du coût des Plénières

La conseillère régionale (UDI) de l'Aveyron Anne-Sophie Monestier-Charrié considère que la présidente de Région est parfaitement lucide : "Carole Delga sait très bien que les chiffres qu'elle avance sont complètement fantasques. On l'a interpellée plusieurs fois en Plénière et elle nous répond que les Plénières à Montpellier sont un engagement de campagne. Elle sait que nous avons raison".

L'opposition demande un aménagement de l'hémicycle toulousain afin d'arrêter le système des locations à Montpellier. En revanche, elle souhaite un maintien des commissions permanentes mensuelles à Montpellier.

"Une polémique stérile" selon Carole Delga

La présidente PS du Conseil régional d'Occitanie, Carole Delga, a réagi par communiqué aux accusations de l'opposition de droite et du centre : 

"Je trouve regrettable, 2 ans après l’union, que des conseillers régionaux, qui ont pourtant fait le choix d’être élu, de servir cette grande région et tous ses territoires, en soient encore à vouloir privilégier un site plutôt qu’un autre. Car en clair, c’est bien ce dont il s’agit.

Les faits, rien que les faits : nous parlons de 4 assemblées plénières par an… Je l’ai toujours dit et répété pendant la campagne électorale : la fusion a fait de Toulouse la capitale de la Région, mais je tiens à ce que Montpellier soit le siège de nos réunions délibératives pour garantir l'équilibre territorial. Je tiens donc parole. Non de façon obstinée mais avec des arguments réalistes. Les deux anciens hémicycles (trop petits pour accueillir la nouvelle assemblée) accueillent nos commissions permanentes et sont mis à disposition pour des associations, des colloques, des événements, et ce, 1 jour sur 2 en 2017.

L'heure n'est pas à construire un nouvel hémicycle pour 158 élus, et ce, d'autant que le président de la République s'interroge sur la baisse du nombre d’élus locaux ! J'ai d'autres priorités : l'investissement pour la région, et si nous sommes d'ailleurs la 1ère en France pour l'investissement par habitant, ce n'est pas un hasard. Nous le devons à une gestion rigoureuse où les dépenses de fonctionnent sont contenues (moins de 1% par an d’augmentation). Une gestion qui permet la gratuité des livres scolaires pour les lycéens ou l'équipement des apprentis, l'augmentation significative du budget de la culture, l'aide aux entreprises, des tarifs attractifs pour les déplacements quotidiens... C'est une polémique stérile qui montre que l'opposition n'a pas de vision régionale".

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