Toulouse - Montpellier : 4e samedi de mobilisation anti pass sanitaire en Occitanie, cortèges fournis

Mobilisés depuis le 10 juillet, les opposants à l'élargissement du pass sanitaire et à l'obligation vaccinale pour les soignants sont de retour dans les rues d'Occitanie ce samedi. Des rassemblements étaient organisés à Toulouse et Montpellier, mais aussi à Perpignan, Nîmes, Albi ou encore Rodez.

Ils entendent maintenir la pression, deux jours après la validation de l’extension du pass sanitaire et de la vaccination obligatoire pour certaines professions par le Conseil constitutionnel. Les "anti-pass" ont organisé des défilés dans la plupart des villes d’Occitanie ce samedi 7 août, avec des mots d’ordre ralliant aussi bien les opposants à une "société de contrôle" qu’à des "injections illégales". Des cortèges étaient prévus à Toulouse et Montpellier mais aussi à Cahors, Tarbes, Albi, Rodez, Carcassonne, Perpignan, Alès ou Nîmes.

Toulouse

A Toulouse, plusieurs milliers de personnes ont défilé en début d'après-midi. Cette semaine encore le mot d'ordre des manifestants était la "liberté". "Nous ne sommes pas des moutons", pouvait-on lire sur la pancarte qu'un homme portait sur le front. "Non à la contrôlocratie", clamait une autre. Parmi la foule se trouvaient notamment des personnels soignants, comme Aurélie, infirmière, qui dénonce "un chantage inhumain". "On nous dit que s'il y a un jour un Covid à l'hôpital, c'est nous qui sommes responsables", s'insurge pour sa part Martine. Cette kinésithérapeute ajoute : "Nous dire qu'on est des criminels, franchement ça ne passe pas."

Les services de l’Etat avaient interdit les mobilisations dans l’hypercentre de la ville rose. Le communiqué soulignait notamment que "l’absence de déclaration de manifestation ne permet pas d’identifier des organisateurs en capacité de maîtriser le nombre de participants, le respect des mesures barrières et de la distanciation sociale mais aussi d’empêcher la participation de personnes extérieures susceptibles de perturber les rassemblements".  Le périmètre n’incluait pas les allées Jean-Jaurès, où s'étaient donné rendez-vous les sympathisants et militants d'un mouvement qui soutient aussi des revendications contre les réformes de l'assurance-chômage et des retraites. 

Montpellier

Malgré une météo pluvieuse, au moins 8.000 manifestants ont rejoint la place de la Comédie, à Montpellier, en début d'après-midi. Le cortège s'est ensuite élancé en direction de la préfecture de l'Hérault. Celle-ci avait circonscrit la manifestation à un parcours délimité (voir ci-dessous), alors que le week-end précédent avait été marqué par une forte mobilisation (environ 10.000 personnes selon les chiffres officiels), émaillée par la prise à partie d'un pharmacien sur un centre de dépistage.

Ici aussi, les raisons de la mobilisation étaient variées. Si certains manifestants s'inquiètent d'être "des cobayes" ou disent "avoir peur", d'autres ne se disent pas opposés à la vaccination. Ils sont en revanche nombreux à penser à une manipulation. "Il faut regarder quels sont les intérêts cachés derrière l'obligation vaccinale car pour moi, il y en a", explique un homme. "Je suis vaccinée, mes enfants aussi", annonce une femme qui ajoute toutefois : "Je pense que la crise sanitaire n'est pas une crise sanitaire si on regarde objectivement les chiffres." 

La loi qui établit l'obligation vaccinale des soignants et l'élargissement du recours au pass sanitaire a été publiée vendredi au Journal officiel. Selon le calendrier présenté par le gouvernement, les personnes majeures devront dès lundi présenter cette preuve de vaccination, de test négatif ou rétablissement du Covid-19 pour accéder aux bars et restaurants, aux salles de spectacles ou aux transports pour des longs trajets. En parallèle, le nombre de personnes vaccinées continue de progresser : en Occitanie, 80,8% des adultes ont déjà reçu une première dose, selon l'Agence Régionale de Santé.

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