Montpellier : réactions après les insultes à un pharmacien lors de la manifestation anti-pass sanitaire, "c'est honteux"

Certains manifestants ont pris à partie les occupants d'une tente de dépistage contre le Covid-19 ce samedi 31 juillet en marge du rassemblement contre l'extension du pass sanitaire et l'obligation vaccinale dans certaines professions. Un incident qui a engendré de vives condamnations.
La tente de dépistage de la rue Maguelone, à Montpellier, lors de la manifestation du 31 juillet 2021.
La tente de dépistage de la rue Maguelone, à Montpellier, lors de la manifestation du 31 juillet 2021. © MAXPPP - JEAN MICHEL MART

D’abord les huées, puis les insultes ("assassin", "collabo"). Ce samedi 31 juillet était jour de manifestation pour les opposants à l’extension du pass sanitaire et à la vaccination obligatoire dans certaines professions. À Montpellier, ce mot d’ordre a rassemblé au moins 10.000 personnes, selon les chiffres de la préfecture, soit plus du double par rapport à la semaine précédente.

À proximité de la place de la Comédie, certains ont pris à partie un pharmacien qui officiait dans une tente de dépistage, a rapporté le Midi Libre. On y aperçoit notamment un homme écrire "Etat mafia" sur la banderole du barnum, et un autre arracher un bout de la toile. "Une fracture apparaît dans le camp des antipass, relève le quotidien. Une poignée tente de raisonner ceux qui viennent de franchir la ligne." Selon les journalistes sur place, le personnel a fini par démonter l’installation.

Au lendemain de l'événement, les membres de l'officine prise pour cible "sont choqués, pas par quelques dégâts matériels mais qu’on puisse les traiter d’assassins alors qu’ils font leur métier", relate Frédéric Abecassis, président du Syndicat des pharmaciens de l'Hérault. "S’en prendre à des professionnels de santé qui font leur travail pour éviter la contamination de la population, des fragiles et des personnes âgées, c’est honteux", abonde Sandrine Terrisse, pharmacienne à Montpellier; qui ajoute : "On est là depuis le début de cette pandémie. Tout le monde fait des heures supplémentaires. Nous donnons le maximum."

Aussi bien les patients que l’équipe de mon confrère et le pharmacien ont été pris à partie par les manifestants. Je trouve ça choquant, scandaleux et condamnable. Si une plainte est déposée, le syndicat des pharmaciens s’associera.

Frédéric Abecassis, président du Syndicat des pharmaciens de l'Hérault

Les vives réactions se comptent également parmi la classe politique. Pour le maire (PS) de Montpellier, ce qui s’est passé est "absolument inadmissible". "Pharmaciens, médecins assurent la protection de tous, la prise en charge par la sécurité sociale assure l’accès de tous aux soins, a poursuivi Michaël Delafosse. Montpellier est fière de sa tradition médicale et de ses professionnels de santé qui œuvrent à la lutte contre la Covid-19."

"Ce pharmacien, chaque matin depuis un an et demi, se lève malgré la fatigue pour protéger et soigner vos parents, vos proches, vos voisins, a écrit le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur Twitter. Et même vous, qui l'insultez toute honte bue, s'il le fallait un jour." Le porte-parole du gouvernement a également adressé son "immense merci à tous les pharmaciens, à tous les soignants mobilisés au cœur de l’été", Gabriel Attal dénonçant des méthodes d’"intimidation" et de "violence".

Outre Montpellier, la journée de mobilisation a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Toulouse, Albi, Foix, Cahors ou encore Perpignan. À travers la France, plus de 200.000 manifestants ont battu le pavé dans des cortèges hétéroclites, où figuraient également des Gilets jaunes et des opposants à la vaccination. Le samedi précédent, environ 161.000 participants avaient été dénombrés dans tout le pays.

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