En pleine crise du coronavirus, les clubs professionnels d’Occitanie tentent d’apercevoir la saison prochaine

Terrains désertés, salles de sport fermées, bureaux vides, les clubs de sport professionnels ne restent pas inactifs pour autant. Parmi les chantiers en cours, celui de la saison prochaine. Exemples avec le basket à Tarbes, le volley à Toulouse.

Avant le confinement quand François Gomez, entraîneur du TGB pouvait s'entourer de ses joueuses
Avant le confinement quand François Gomez, entraîneur du TGB pouvait s'entourer de ses joueuses © Serge Djian FTV
Si les entraînements et les compétitions sont au point mort, la vie des clubs continue. Réunion téléphonique, prévision, gestion des contrats, bilan comptable, recrutement, appartiennent au quotidien des clubs de sport professionels.

Sur les quais de l’Adour, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Le palais des sports de Tarbes (Hautes-Pyrénées) sonne creux. Des tribunes vides, peut-être un avant-goût amer, des futures rencontres de basket. 

Les contours de l’effectif du Tarbes Gespe Bigorre 2020-2021, se dessinent. Plusieurs départs, à commencer par celui de Marine Fauthoux vers l’Asvel. Recrutement en priorité de joueuses expérimentées, à l’image de la franco-américaine Kristen Brooke Sharp (ex-Villeneuve d’Asq) mais également de quelques jeunes prometteuses comme Serena Kessler (centre fédéral) ou Jasmine Jones en provenance des Etats-Unis.

Depuis son domicile, François Gomez, l’entraîneur du T.G.B., précise :
«Nous avons diminué la voilure en terme de recrutement. Ce qui nous intéresse en priorité, c’est le prix des joueuses, avant de s’intéresser à leurs qualités. Nous avons construit un effectif qui coûte beaucoup moins cher que la saison précédente. Il nous manquera une joueuse cadre pour des raisons économiques. Tarbes devrait tout de même, être compétitif. »

 Les joueuses ont consenti une baisse de salaire 

Celui qui a été élu en 2018, meilleur entraîneur de la ligue nationale féminine, apprécie l’évolution des comportements.

« Ce qu’il faut savoir, c’est que les joueuses ont consenti des efforts sur leurs salaires. Elles ne sont pas idiotes! S’il n’y pas de club, il n’y a pas de salaire. On peut les remercier de faire des efforts. Ainsi, c’est un peu plus simple de recruter ».

Quand les entraînements pourront-ils reprendre ? Dans quelles conditions ? Les compétitions se joueront-elles à huis clos ?
Le monde du sport s’interroge également sur les inéluctables retombées économiques de la crise sanitaire. Préparer la saison prochaine devient alors une équation avec de nombreuses inconnues.
Le ballon n’est pas prêt de tourner rond. Les budgets des clubs pros, sont en général composés d’argent public et d’argent privé.

A Toulouse, chez les Spacer’s, aucun risque n’a été pris en matière de recrutement. L’effectif a donné satisfaction, il sera reconduit. Stéphane Sapinart, entraîneur des volleyeurs toulousains, s’interroge en revanche sur le budget de la saison prochaine.

« Le budget de la saison prochaine fait partie des grosses incertitudes. Avec la crise financière qui se profile, certains partenaires pourraient être en difficulté et suivre moins facilement ou plus du tout les Spacer’s. En volley, une part importante du budget provient des collectivités locales. Quel sera l’impact de la crise sur l’engagement dans le sport des différentes collectivités ? Je ne sais pas. On ne se base que sur des hypothèses, car nous ne savons pas où on va. »

De 30 % à 50% en moins d’aides des partenaires privés

A Tarbes, différents scénari sont envisagés. Club de basket à petit budget (1,45 millions d’euros) composé d’une centaine de petits partenaires locaux, le T.G.B. anticipe sur l’hypothèse d’une perte de 30% à 50 % des aides des entreprises. L’argent privé constituait jusqu’à présent 60% du budget du club. Les aides de la ville, du département et de la région, s’élèvent à hauteur d’environ 40%. 
François Gomez positive:
« Le fait de ne pas être riche devient presque une chance! La perte pour le club peut être évaluée entre 150 000 euros et 300 000 euros. C’est toute de même énorme pour nous. A nous d’être créatif, pour rester attractif vis à vis des partenaires. »

Autre manque à gagner possible pour les clubs, la billetterie, si la prochaine saison débute dans des salles ou des stades vides, afin de limiter la propagation du virus.

 Ce serait comme jouer une pièce de théâtre sans spectateurs, résume l’entraîneur des basketteuses de Tarbes

A ce jour, un grand flou entoure le monde du sport. Les dates des reprises des entraînements et des championnats ne sont pas établies. Les volleyeurs toulousains aimeraient retrouver le chemin du Palais des sports dès la mi-mai. Leurs joueurs étrangers pourront-ils regagner la France ? Probablement pas. Les précautions médicales autoriseront-elles une reprise du sport intensif, en raison de l’existence de porteurs asymptomatiques du coronavirus ? Quelles contraintes seront imposées pour sortir du confinement ? Les questions sont plus nombreuses que les réponses. 

Dans cet épais brouillard, il semble qu’il y aura dans le sport aussi, un avant et un après coronavirus. Un nouveau modèle économique pourrait devenir indispensable. Le football,  jusque-là très gâté, pourrait être le plus affecté. Une baisse des droits TV aurait des conséquences sur les budgets des clubs et donc sur les salaires des joueurs. Bref, la bulle inflationniste de ces dernières années est sur le point d’éclater. 
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