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Procès des aficionados de Rodilhan : les pro-corridas fautifs d'avoir évacué les manifestants des arènes ?

Le procès emblématique de 18 aficionados a démarré ce jeudi à Nîmes. Accusés d'avoir évacué avec violence des anti-corrida des arènes de Rodilhan en 2011, la plupart des prévenus, alésiens ou nîmois, doivent répondre de 43 plaintes déposées par les anti-corrida.
A l'extérieur du tribunal de Nîmes, les anti-corrida ont disposé des photos qui témoignent des violences de 2011 à Rodilhan - 14 janvier 2016.
A l'extérieur du tribunal de Nîmes, les anti-corrida ont disposé des photos qui témoignent des violences de 2011 à Rodilhan - 14 janvier 2016. © F3 Pays gardois

"L'évacuation est une mission de service publique réservée aux policiers et aux gendarmes!"

La réponse du président du tribunal aux excuses avancées par les pro-corrida auteurs de violences pendant la corrida de Rodilhan de 2011 est très claire.D'après Jean-Pierre Bandiera, les 18 prévenus ne peuvent pas s'abriter derrière un quelconque argument de maintien de l'ordre pour justifier leurs exactions (vêtements arrachés et côtes cassées) envers les anti-corrida venus s'enchaîner au centre des arènes.

Depuis ce jeudi matin, l'ambiance est tendue entre anti et pro-corrida venus s'expliquer au tribunal de Nîmes. Un procès ouvert sous haute surveillance et qui s'est attaché cette première matinée à visionner deux vidéos témoins de ces violents affrontements dans les arènes de Rodhilan et écouter les différents prévenus.

Le profil des prévenus

Dans la salle d'assises, utilisée exceptionnellement pour ce procès correctionnel, le long défilé des prévenus - un seul étant absent - a laissé apparaître un profil assez précis des agresseurs identifiés: des hommes, le plus souvent nés à Arles ou à Nîmes, deux bastions de la corrida, de milieu socio-professionnel plutôt favorisé et n'ayant aucun antécédent judiciaire.
Ils sont jugés pour "violence en réunion", "violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieur à huit jours" ou encore "vol avec violences". Deux autres auteurs de violences identifiés sont décédés depuis les faits. 

Les victimes, dont 47 sont citées sur 43 plaintes déposées, sont en majorité des femmes, dont une a eu le soutien-gorge et le tee-shirt arrachés, plusieurs ayant souffert de fractures des côtes.

durée de la vidéo: 01 min 44
Nîmes : premier jour du procès des 18 aficionados de Rodilhan ©F3 LR

Le maire de Rodilhan à la barre

Serge Reder figure parmi les prévenus. Le maire de Rodhilan a à son tour porté plainte pour manifestation interdite contre le président du Comité radicalement anti-corrida (Crac Europe) Jean-Pierre Garrigues, absent pour raison de santé.
Interrogé sur l'absence de mesures de sécurité le 8 octobre 2011 pour la finale de "Grainede Torero", Serge Reder explique :

"La tauromachie, c'est une tradition à Rodilhan,  les aficionados "sont des gens calmes, qui viennent voir un spectacle qu'ils aiment".

Seul un policier municipal et quatre secouristes étaient présents sur les lieux lors de l'action des anti-corrida.  Des dizaines d'activistes s'étaient notamment enchaînés au niveau de la taille au centre des arènes en déclenchant des fumigènes rouge-sang, avant de scander, le poing levé, "abolition!" ou "la torture n'est pas notre culture!".
Ils seront évacués avec violence de la piste, certains étant notamment visés à la tête à bout portant par une lance anti-incendie ou frappés à coup de pied ou de poing à la tête.
"Quand la température est montée et que des paroles, on est passé aux actes, pourquoi n'avez-vous pas calmé le jeu en faisant une annonce au micro?", interroge le président Jean-Pierre BandieraSerge Reder rétorque qu'il était "plus à même de calmer le jeu en restant sur la piste".

Les plaintes pour "non assistance à personne en danger", visant d'autres élus, comme Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes,qui se trouvaient dans les gradins, ont été classées sans suite.
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