Catalogne : Puigdemont tacle l'Espagne en arrivant au Parlement européen “le pays ne respecte plus l'Etat de droit”

Strasbourg - l'ancien président indépendantiste catalan Carles Puigdemont et eurodéputé devant le Parlement européen - 13 janvier 2020. / © FREDERICK FLORIN / AFP
Strasbourg - l'ancien président indépendantiste catalan Carles Puigdemont et eurodéputé devant le Parlement européen - 13 janvier 2020. / © FREDERICK FLORIN / AFP

L'Espagne "ne respecte plus l'Etat de droit" de l'Union européenne, a dénoncé lundi l'ancien président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, en pénétrant pour la première fois au Parlement européen à Strasbourg. Il venait y prendre possession de son siège d'eurodéputé.

Par FD avec afp


Carles Puigdemont a profité de son arrivée au Parlement européen de Strasbourg, ce lundi, pour critiquer l'Espagne, dont il est eurodéputé et en appeller aux instances européennes dans le litige entre les leaders et ex-leaders indépendantistes catalans avec le pouvoir central de Madrid.
 

Le gouvernement espagnol viole-t-il le droit européen ?


"La crise catalane a un impact direct sur les fondements de l'Union européenne (...) C'est le moment que l'Union européenne s'engage", a déclaré Carles Puigdemont.

Il a critiqué l'absence d'Oriol Junqueras, le vice-président indépendantiste emprisonné en Espagne, à qui le Parlement européen a retiré son mandat d'eurodéputé.
 

Si l'Union européenne était vraiment un espace d'union, de liberté et de droit, aujourd'hui Oriol Junqueras devrait être avec nous, parce qu'il a le même droit que nous, il a reçu plus d'un million de voix. Mais cette liberté n'est pas respectée", a-t-il déploré au cours d'un point de presse avec Toni Comin, également élu député européen et qui comme lui a fui à Bruxelles pour échapper à la justice espagnole après la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.


Resté en Catalogne, Oriol Junqueras, ancien numéro deux du gouvernement catalan et membre d'un autre parti indépendantiste que Puigdemont, a été condamné en octobre à 13 ans de prison et d'inéligibilité pour sédition et détournement de fonds. 
En décembre, la Cour de justice de l'UE, saisie par l'Espagne, avant sa condamnation, avait estimé qu'il bénéficiait d'une immunité depuis le jour de son élection au Parlement européen.

Mais le 3 janvier, la Commission électorale espagnole lui a retiré son mandat de député européen. Cette décision a été confirmée jeudi par la Cour suprême à Madrid et le Parlement européen lui a retiré son mandat vendredi.
 

Puigdemont et Comin protégés par l'immunité européenne ?


Jamais condamnés en Espagne, où ils ne sont pas retournés depuis 2017, Carles Puigdemont et Toni Comin se sont basés sur cette reconnaissance d'immunité pour venir pour la première fois occuper leur siège d'eurodéputé lors d'une session plénière.

Un juge espagnol a demandé vendredi au Parlement européen de suspendre leur immunité.

Les deux élus indépendnatistes sont par ailleurs sous le coup d'un mandat d'arrêt.
 

Je n'ai pas peur d'être extradé par les autorités françaises", a affirmé Carles Puigdemont.


Les deux élus ont été accueillis à leur arrivée devant le bâtiment par quelques centaines de partisans indépendantistes, agitant des drapeaux catalans.
"C'est un jour de célébration et de revendication", a déclaré l'actuel président de la Catalogne, Quim Torra, venu spécialement à Strasbourg.
 

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