Collioure : un label d'excellence pour la maison Roque, la plus ancienne salaison française d’anchois

Le 3 juillet 2020, la plus ancienne salaison française d’anchois encore en activité a reçu le label "Entreprise du Patrimoine Vivant". Cette distinction d'Etat, qui met en avant l'excellence de la fabrication française, est une première pour cette entreprise familiale créée en 1870.
 

La famille Roque : plusieurs générations consacrées à la salaison de l'anchois, à Collioure
La famille Roque : plusieurs générations consacrées à la salaison de l'anchois, à Collioure © FTV
"C'est un beau cadeau pour nos 150 ans !" Florent Roque, qui a postulé l'an dernier pour obtenir le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), est ravi.

Cette distinction d’État a été attribuée à son entreprise familiale le 3 juillet dernier. Ce label est décerné aux entreprises françaises qui oeuvrent dans des secteurs qui peuvent être très différents, pour une période de cinq ans.

La reconnaissance d'un savoir-faire d'excellence 

C'est la première fois que la maison Roque de Collioure postulait à ce label, qui se veut être l'ambassadeur de l’excellence du « made in France »

Ce n'est pas sa production mais l'entreprise qui est distinguée. La maison Roque perpétue à Collioure dans les Pyrénées-Orientales, un savoir-faire qui remonte au Moyen Âge : la salaison de poisson et plus précisément d’anchois.

« Nous sommes dépositaires de ce savoir-faire et en aucun cas propriétaires, notre mission est de le transmettre aux futures générations comme nos parents, grands-parents et arrières grands-parents l’ont fait avant nous. » affirme Florent Roque, arrière petit-fils du fondateur.

C’est en 1870 qu'Alphonse Roque s’est installé à Collioure comme tonnelier saleur.

Depuis lors, le savoir-faire s’est transmis de génération en génération. En 2006, la quatrième génération, dont fait partie Florent Roque, a pris la direction de la maison accompagnée par la troisième et poussée par la cinquième.

Au total, 10 membres de la famille travaillent au sein de cette société qui emploie près de 36 personnes.
 

Des anchois importés depuis 20 ans

Reste un paradoxe de taille: l'anchois, la matière première, est importé depuis près de deux décennies. 

Devenus minuscules, les anchois de Méditerranée sont inexploitables en filet. Le conserveries locales sont donc contraintes d'en importer d'Amérique Latine depuis bien longtemps.

Une situation que regrette Florent Roque : 
 

Dans le golfe de Gascogne, coté Atlantique, ils ont stoppé la pêche pendant 5 ans et ça commence à porter ses fruits. Il serait temps que l'on fasse quelque chose pour l'anchois en Méditerranée !

Florent Roque



Avec la maison Desclaux, la famille Roque fait partie des deux derniers saleurs d'anchois dans ce petit port catalan qui en comptait encore une quinzaine dans les années 60. 



 
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