Denis Peschanski, l'historien du Mémorial de Rivesaltes

Denis Peschanski, historien directeur scientifique du Mémorial de Rivesaltes un peu avant son inauguration le 16 octobre 2015. / © France 3 LR
Denis Peschanski, historien directeur scientifique du Mémorial de Rivesaltes un peu avant son inauguration le 16 octobre 2015. / © France 3 LR

"Comment on arrive à construire une mémoire avec des mémoires plurielles ?" C'est le grand défi du Mémorial du camp de Rivesaltes inauguré le 16 octobre selon l'historien Denis Pechanski qui préside le comité scientifique.

Par L.C. et I.P.

Cinq décennies après sa fermeture, le Premier ministre Manuel Valls inaugure vendredi le musée-mémorial du camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), où échouèrent près de 60.000 Espagnols, juifs, tziganes et harkis, un lieu de mémoires "enfouies" qui entend résonner avec les migrants du XXIe siècle.
L'historien Serge Klarsfeld l'a appelé le "Drancy du Sud" mais Rivesaltes n'était pas seulement un camp de déportation de juifs de France. "C'est un cas unique en Europe", selon Agnès Sajaloli, directrice du mémorial. "C'est le plus grand camp d'internement de l'Europe de l'ouest, qui recouvre trois guerres: une guerre civile, une guerre coloniale, une guerre mondiale".

Unité de lieu mais unité de thématique autour du déplacement forcé de populations

"La difficulté du Mémorial est d'arriver dans un projet unique à relater des histoires et des mémoires plurielles. L'espoir de la construction collective d'une mémoire partagée à partir de mémoires éclatées." explique Denis Pechanski.
Il préside le conseil scientifique (et est vice-président du comité de pilotage) du Musée-Mémorial du camp de Rivesaltes.

Le témoignage de Denis Péchanski

Denis Peschanski, l'historien du mémorial de Rivesaltes
Un reportage de F.Hertmann, F.Capdevila, F.Rigaud et S.Bonnefond

La transformation du camp Joffre

Le site militaire Joffre de 600 hectares est transformé à partir de 1941 en camp pour une dizaine de milliers de républicains espagnols fuyant la dictature de Franco.

Très vite, il renferme également 5.000 juifs dont la moitié seront déportés en Allemagne, des tziganes puis des collaborateurs et prisonniers de guerre, avant l'arrivée, vingt ans plus tard, de plus de 20.000 harkis au sortir de la guerre
d'Algérie.
Leur point commun: être des "indésirables" du XXe siècle. "Ce sont toutes des populations considérées comme potentiellement dangereuses" selon Abderahmen Moumen, co-auteur avec Nicolas Lebourg de "Rivesaltes, le camp de la France". Les deux auteurs enseignent à l'université de Perpignan.

Le musée-mémorial du camp de Rivesaltes inauguré le 16 octobre sera ouvert au public le 21 octobre 2015.

 

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