Diane Mistler "la veuve libertine" se pourvoit en cassation

Diane Mistler, condamnée en appel à 18 ans de réclusion criminelle par les assises des Pyrénées-orientales pour avoir manipulé un de ses amants jusqu'à ce qu'il assassine son mari, a formé mardi un pourvoi en cassation.

Procès Mistler à Perpignan : Diane Mistler et Me Eric Dupond-Moretti - 24 octobre 2012
Procès Mistler à Perpignan : Diane Mistler et Me Eric Dupond-Moretti - 24 octobre 2012 © F3 LR

Devant la Cour de cassation, qui se prononce sur la régularité juridique d'un verdict et pas sur le fond du dossier, la défense de la veuve, qui a toujours clamé son innocence tout en assumant une vie libertine, compte faire valoir "les contradictions entre la motivation de la condamnation et le fond du dossier".
La cour d'assises a notamment dit que cette femme de 45 ans était condamnée "sur la base des accusations constantes et précises de Frantz Diguelman", l'amant, alors que pour Me Phung "il y a quinze versions différentes de sa part dans le dossier, dont plusieurs ne mettent pas en cause Mme Mistler".

D'après Me Phung, qui défendait la veuve libertine aux côtés de Me Eric Dupond-Moretti et Me Françoise Dalran, "de nombreuses autres irrégularités montrent que notre cliente n'a pas eu un procès équitable: on s'est servi de la parole d'un assassin dont le crime n'est pas contesté pour condamner une femme sur son mode de vie, ses choix sexuels". "C'est un verdict en sorcellerie", a-t-il ajouté.
La défense devrait appuyer son pourvoi "dans les prochaines semaines" dans un mémoire détaillé.

"Dès la semaine prochaine, nous demanderons la mise en liberté de Diane Mistler, elle est innocente, c'est une question de cohérence" a ajouté Me Phung. Frantz Diguelman, ex-barman de 45 ans, qui a reconnu l'assassinat, a été condamné à 15 ans de réclusion.

Le 22 avril 2007 à l'aube, alors que Paul Mistler, banquier retraité de 60 ans, sortait avec son épouse d'une boîte échangiste de la Grande-Motte (Hérault), il l'avait transpercé d'un coup de fusil harpon, avant de lui porter 20 coups de couteau de boucher.
Arrêté presqu'immédiatement, il a accusé la veuve d'avoir commandité le crime six mois plus tard en apprenant qu'elle avait de nombreux amants et n'était pas amoureuse de lui.

Il a exposé qu'elle lui avait raconté que son mari la battait, la violait, la contraignait à la prostitution et à l'échangisme. L'enquête a montré l'absence des  sévices prétendus.
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