“La Méditerranée est en grand danger”: le cri d'alarme du directeur du laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer

L'Observatoire Océanologique de Banyuls/Mer. / © MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP
L'Observatoire Océanologique de Banyuls/Mer. / © MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP

Après un mandat de cinq ans, Vincent Laudet quitte son poste de directeur de l'Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer. Concernant l'avenir de la Méditerranée, il est très inquiet: "On est en train de jouer avec le feu. C'est une mer précieuse, très fragile, il faut la protéger."

Par Olivier Le Creurer avec Aude Chéron

Vincent Laudet part poursuivre ses recherches sur le poisson-clown à l'Okinawa Institue of Sciences and Technology au Japon. Il sera resté cinq ans à la tête de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (OOB), historiquement connu sous le nom de "Laboratoire Arago",  une composante de Sorbonne Université (Université Pierre-et-Marie-Curie jusqu'en 2017) et du CNRS qui accueille de nombreux chercheurs et étudiants en biologie marine et océanographie.

une chute drastique de la biodiversité


De quoi poser un regard précieux sur l'état de la Méditerranée. Et très inquiet: " nous constatons une chute drastique de la biodiversité. On estime que 90 % des grandes espèces pélagiques comme le thon ou le maquereau ont disparu. C'est énorme. La Méditerranée, c'est 0,7% de la surface des océans, c'est tout petit mais 7% des espèces marines. C'est un trésor qu'il faut absolument préserver."
 


Le labo Arago a pour mission d'étudier cette évolution "car on ne protège que ce que l'on comprend," assure Vincent Laudet. "Sous la surface de l'eau, on comprend encore très mal les choses. Nous faisons des découvertes fondamentales sans arrêt."

Tout ce qu'on jette, où que ce soit, finit en mer et ça pollue


D'où l'importance de la pédagogie, autre mission du laboratoire auprès du public. "On lui dit de faire attention à ses déchets. Toute personne a un impact. Tout ce qu'on jette, où que ce soit, finit en mer et ça pollue."
 


D’ici 2021, des plastiques à usage unique vont disparaître des rayons. Gobelets, couverts, assiettes ou encore coton-tiges seront bientôt introuvables. Un délai d’écoulement des stocks est prévu pour tous ces plastiques. "Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Le plastique dans l'océan devient un énorme problème dont on ne me mesure pas encore sans doute l'intensité. La solution du plastique en mer, elle est à terre avec la réduction de son utilisation." Les macroplastiques sont déjà avalées par les tortues ou les cachalots mais les microplastiques sont sans doute pires. Ce sont de toutes petites particules ingérées par tous les organismes filtreurs. Aujourd'hui, vous ne mangez plus d'huîtres sans être contaminé par 10 à 100 de ces particules."

La solution du plastique en mer, elle est à terre avec la réduction de son utilisation


L'ancien directeur de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer est tout aussi alarmiste sur le plancton: "le plancton, c'est la base de la chaîne alimentaire de l'océan. La base de la vie, tout simplement. On ne peut pas vivre sans plancton."
 


Vincent Laudet est remplacé par Yves Desdevises, actuel directeur adjoint de l'Observatoire.

 

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