Drame de Millas : le Sénat valide des mesures pour plus de sécurité aux passages à niveau

Le 14 décembre 2017, un train et un car scolaire entraient en collision sur ce passage à niveau, à Millas dans les Pyrénées-Orientales. / © RAYMOND ROIG / AFP
Le 14 décembre 2017, un train et un car scolaire entraient en collision sur ce passage à niveau, à Millas dans les Pyrénées-Orientales. / © RAYMOND ROIG / AFP

Une proposition de loi du sénateur des Pyrénées-Orientales vise à sécuriser davantage les passages à niveau, par exemple en équipant les autocars d’un dispositif indiquant les trains. Pour le père de l’une des six victimes de l’accident de Millas, il faut faire plus, et vite.
 

Par Richard Duclos

Jeudi 28 mars, le Sénat a voté à l’unanimité pour trois mesures destinées à renforcer la sécurité des passages à niveau. "Un tel drame ne doit pas se reproduire" : le sénateur des Pyrénées-Orientales Jean Sol (LR), à l’origine de la proposition de loi, a invoqué la collision de Millas entre un train et un bus scolaire, dans laquelle six enfants avait perdu la vie en décembre 2017, pour défendre ces mesures.

Ajoutées au projet de loi d’orientation des mobilités, elles prévoient la publication des données sur les passages à niveau afin de signaler les plus dangereux au public, ainsi que la réalisation par les gestionnaires de voirie, en coordination avec la SNCF, de diagnostics de sécurité routière des passages à niveau. Surtout, l’idée portée par l’élu catalan est d’équiper les véhicules de transport d’un GPS les signalant. En d’autres termes, équiper les bus d’un système leur permettant de voir en temps réel la position des trains, et les trains d’un radar d’obstacles.
 


Le projet de loi doit encore être soumis à l’Assemblée nationale. Pour Jean Sol, sa validation par les sénateurs est déjà "une première grande victoire dans le combat mené et porté au nom de toutes les familles des victimes du drame de Millas".
 

 

"Il faut réagir maintenant"


Est-ce assez cependant ? Stéphan Mathieu a perdu sa fille, Ophélia, dans l’accident. Elle avait 14 ans. Pour lui, cette proposition est "une prise de conscience positive". Pour autant, sa compagne Sabine et lui ne sont pas tout à fait convaincus par les mesures proposées. "Il y a sans doute des solutions beaucoup plus faciles et moins onéreuses", juge Stéphan.

Modifier le trajet des bus scolaires pour qu’ils ne passent plus sur des passages à niveau par exemple, ou faire des ponts au-dessus de la voie ferrée. Au contraire, l’idée d’installer des équipements techniques type GPS ou radar dans tous les bus ou trains lui semble lourde et coûteuse, sans oublier le risque de défaillances. Et cela prendra surement du temps, beaucoup de temps : "Et nous, nous sommes pressés, explique le père d’Ophélia. On ne veut plus que ce type d’accidents arrive. Il faut réagir maintenant !
 


L’enquête sur les circonstances du drame de Millas est toujours en cours. Stéphan Mathieu, comme les autres familles des victimes, se bat pour que jamais un accident comme celui-ci ne se reproduise

 

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