Confinement : les hôtels du littoral de l'Occitanie font le plein pour le week-end de Pâques, avant de refermer

Pour faire face à la troisième vague du Covid, E.Macron a décidé d'interdire les déplacements interrégionaux à partir du 5 avril. Il y aura une tolérance jusqu’au lundi de Pâques. Pour les hôteliers, c'est la soupe à la grimace : ils vont faire le plein trois jours avant de refermer.

En bord de mer, de la côté rocheuse catalane aux plages gardoises, certains hôtels vont faire le plein pour le week-end de Pâques, mais dans bon nombre d'établissements, les clients annulent les réservations des vacances de printemps.
En bord de mer, de la côté rocheuse catalane aux plages gardoises, certains hôtels vont faire le plein pour le week-end de Pâques, mais dans bon nombre d'établissements, les clients annulent les réservations des vacances de printemps. © C.Métairon/FTV

"Une catastrophe, un gâchis" ! Brice Sannac n’a pas de mots assez durs pour qualifier les nouvelles mesures gouvernementales annoncées mercredi soir par le président de la République.

Aussi amer que furieux, le nouveau président de l'union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) des Pyrénées-Orientales sait qu'il va devoir refermer son établissement à Banyuls-sur-Mer quatre jours seulement après avoir relancé la machine, à l'issue de 5 mois de chômage forcé.

Il n’y a aucune considération pour nos métiers ! Il y a une impréparation énorme de la part de nos dirigeants, ils sont complètement déconnectés de la réalité  !

Brice Sannac, président syndicat UMIH 66

"Redémarrer un hôtel, ce n'est pas comme appuyer sur un bouton" tempête-il dans son téléphone. "Il faut au moins dix jours pour que l’on parvienne à rentabiliser l’ouverture", explique ce professionnel de l'hôtellerie.

Fermé depuis fin octobre, Brice Sannac comptait démarrer sa saison ce jeudi premier avril. Il avait déjà commandé des marchandises, sorti son personnel du chômage partiel...tout cela pour tout arrêter quatre jours plus tard. Ces annonces gouvernementales ont provoqué un afflux soudain de réservations pour ces trois prochains jours, nombre de gens ayant décider de profiter au maximum de leur dernier week-end de liberté.

Comme lui sur la côte catalane, de nombreux collègues vont donc faire le plein et remplir leurs chambres durant le long week-end de Pâques, mais dès mardi 5 avril, ce sera terminé. Il faudra à nouveau rester portes closes et ce pendant au moins un mois de demi.

"Ouvrir le 15 mai ? On n’y croit plus !"

Hier, jeudi 31 mars, Emmanuel Macron a quand même laissé poindre une lueur d'espoir pour les professionnels du tourisme : le président a évoqué une ouverture progressive, à partir de mi-mai, des terrasses des cafés et restaurants avec des règles sanitaires strictes.

Un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport loisir et l'événementiel est aussi à l’étude. Pas de quoi réjouir l'hôtelier catalan pour autant : "On nous a déjà fait le coup trop souvent cette année pour reculer à chaque fois. Alors, ouvrir le 15 mai, on n'y croit plus. C'est un ras-le-bol général, d'autant que l'on risque de perdre la saison estivale."

Annulations en cascade sur le littoral gardois

A l'autre bout du littoral régional dans l'un des hôtels du Grau du Roi, depuis ce jeudi matin, le téléphone n'arrête pas de sonner : les demandes de réservations pour le week-end pascal croisent les demandes d'annulation pour les réservations des vacances de printemps.

Stéphan Baptiste, hôtelier de cette station balnéaire gardoise, a déjà enregistré une centaine d'annulations. "Nous avions quand même une forte montée en puissance pour le mois d’avril, et là, nous sommes en train de réfléchir pour savoir si on reste ouvert après le 5 avril pour quelques chambres réservées" explique-t-il entre deux appels.

On commençait  à voir les réservations revenir avec le beau temps. Là, c’est une désolation, tout s’effondre...

Stéphan Baptiste, directeur Hôtel Grau du Roi, Gard

A quelques kilomètres de là, dans les campings de l'Espiguette, on doit faire face à un autre type de demande de la part de la clientèle : des gens tentent de réserver un bungalow pour tout le mois d'avril, histoire de passer ce nouveau confinement au bord de la mer.

Une demande à laquelle il est difficile de répondre par l'affirmative pour le moment. Ce type de séjour pourrait être toléré par la préfecture du Gard, afin d'alléger un peu ce train de nouvelles contraintes pour les professionnels.

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