Covid : les restaurateurs et hôteliers d'Occitanie plus que jamais inquiets pour leur avenir

L’UMIH d'Occitanie, l'organisation patronale des cafetiers, hôteliers, restaurateurs et gérants de d'établissements de nuit, témoigne de l'angoisse dans laquelle se trouvent les professionnels un an après le début du confinement.

Le couvre-feu a obligé beaucoup d'établissements à fermer à nouveau leurs portes.
Le couvre-feu a obligé beaucoup d'établissements à fermer à nouveau leurs portes. © MaxPPP

Les patrons de bars, restaurants, bowlings, discothèques ont été parmi les plus pénalisés par la pandémie. Comme le rappelle le président de l'UIMH d'Occitanie, Philippe Belot, certains ont pu bénéficier de la réouverture estivale mais beaucoup souffrent aujourd'hui du couvre-feu. "Les discothèques, l’activité des traiteurs sont à l’arrêt et à l’isolement complet depuis 365 jours".

"On est dans des situations économiques de plus en plus difficiles. On a des patrons de restaurants qui font des courses pour Uber parce qu'il n'y a plus rien à manger à la maison, explique Philippe Belot. En Occitanie, on est entre 20 et 23.000, 230.000 en France. Et encore, on n'est que la partie immergée de l'iceberg. Si on prend en compte les emplois indirects comme les agriculteurs, les éleveurs, les maraîchers, les vignerons, les bouchers, les brasseurs... bref tous nos fournisseurs et sous-traitants, on dépasse les 3 millions. C'est énorme".

2ème employeur en Occitanie

Le président de l'UIMH Occitanie estime que la filière représente trois fois celle de l'automobile et se situe en deuxième place, comme employeur en Occitanie, derrière le BTP et loin devant l'aéronautique... "Mais quand Emmanuel Macron se déplace, c'est pour saluer l'aéronautique. C'est significatif de la façon dont le tourisme est perçu", commente-t-il avec amertume.

Et de rappeler que le chômage partiel est loin d'être la panacée pour les employeurs. "Il nous coûte 12 à 15% de la masse salariale, sans compter les congés payés. On peut rajouter 10%. C'est donc 22 à 23% par mois, pour nous. Or nous avons les loyers, les assurances à payer alors qu'on n'a personne dans nos établissements mais rien n'a pu être négocié ! On continue à payer nos crédits alors que nous ne travaillons pas". 

"Des vaches à lait"

Philippe Belot résume ainsi l'état d'esprit de la profession : "nous avons l'impression d'être des vaches à lait et, en plus, on ne nous dit rien. Le gouvernement est incapable de nous donner une vision d'avenir. Au contraire, toutes les infos sont contradictoires. On nous affirme qu'on rouvre début avril, puis mi-avril, puis fin avril, puis en mai. Et enfin avant l'été. Je comprends que ça puisse être difficile mais on a besoin de perspectives". 

Les établissements comptent en moyenne 5 à 10 salariés. Ce sont ces petites structures qui paient le plus lourd tribut à cette crise. "On veut alerter sur le drame que l'on vit, d'autant que beaucoup d'employeurs travaillent en couple dans ces établissements", affirme Philippe Belot.

Dans un communiqué l'UIMH rappelle qu'il a fallu un an pour obtenir "de haute lutte", des aides, un fond de solidarité, ainsi qu'un accompagnement de la part du gouvernement et des pouvoirs publics. Mais cela n'est pas suffisant, estiment les professionnels du secteur qui disent se battre pour leur survie et veulent une prise en considération de la gravité de la situation.  

 

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