Covid : le bilan catastrophique de l'hôtellerie en Occitanie confirmé par une étude de l'Insee

La crise économique liée à l'épidémie de Covid-19 a touché tous les secteurs en France. Et bien évidemment celui du tourisme. L'Insee s'est penché sur son impact sur les nuitées hôtelières. En Occitanie, elles ont été divisées par 2 par rapport à l'an dernier entre avril et septembre.

L'entrée d'un hôtel à Lourdes, pendant le premier confinement, le 8 avril 2020.
L'entrée d'un hôtel à Lourdes, pendant le premier confinement, le 8 avril 2020. © Lionel BONAVENTURE / AFP

Même si les mois de juillet et août lui ont redonné quelques couleurs, le secteur hôtelier, on s'en doute, a beaucoup pâti de la crise sanitaire. L'institut national de la statistique et des études économiques (Insee) s'est penché sur son impact sur la fréquentation des hôtels en Occitanie et le constat est sans appel : pour la saison d'été, d'avril à septembre, les nuitées hôtelières ont été divisées par 2 par rapport à l'an dernier dans la région. Certains secteurs s'en tirent mieux que d'autres malgré tout mais la métropole toulousaine et la ville de Lourdes, deuxième ville hôtelière de France, sont très impactées par la désaffection des touristes. 

Un premier confinement qui met un coup d'arrêt à l'activité hôtelière

Selon l'Insee, le confinement mis en place à la mi-mars puis l'interdiction de circuler au-delà de 100 Km de son domicile ont mis un véritable coup d'arrêt à l'activité hôtelière. En avril, seuls 23% des hôtels d'Occitanie étaient ouverts et 38% en mai. Pendant ces deux mois, les nuitées d'hôtels ont chuté de 94% dans la région par rapport aux deux mêmes mois de 2019, comme le montre ce graphique :

L'Insee publie une étude sur l'impact de la crise sanitaire sur l'économie hôtelière en Occitanie.
L'Insee publie une étude sur l'impact de la crise sanitaire sur l'économie hôtelière en Occitanie. © Insee

Comme le montre aussi ce graphique, après une timide reprise en juin, l'arrivée des vacances d'été et la fin des restrictions de déplacements ont permis un regain en juillet et août. L'occitanie a bénéficié de la clientèle française et a limité les pertes liées à l'absence des touristes étrangers, même si l'activité hôtelière reste en deça des chiffres de 2019.

Campagne, montagne et littoral plébiscités pendant l'été

Si on note une nette reprise en juillet août, on constate aussi de fortes disparités selon les territoires. Les touristes ont privilégié la campagne, la montagne et le littoral cet été. Un effet conjugué de la canicule et de la crainte du virus ont conduit les touristes à privilégier les régions moins denses en population et aux températures plus clémentes. Dans notre région, la Lozère, le Lot, l'Aveyron et le Tarn-et-Garonne voient ainsi leur activité hôtelière progresser.

Ces différences se retrouvent aussi dans le secteur de la restauration où le chiffre d'affaires ne progresse que dans deux départements : l'Ariège (+16%) et la Lozère (+7%).

Lourdes paie le prix fort

Les touristes ont plutôt boudé les territoires urbains. C'est particulièrement vrai à Toulouse où les nuitées d'hôtels ont diminué de 40% en juillet et août par rapport à 2019. Cette baisse se limite à 4% à Montpellier, sans doute à cause de sa proximité avec la mer et est en moyenne de 14% dans les territoires urbains de la région. Par rapport à cette moyenne, Lourdes fait le grand plongeon. Elle enregistre une baisse de 84% en juillet et août par rapport à 2019.

La cité mariale est la deuxième ville hôtelière de France, derrière Paris, et c'est normalement pendant ces deux mois-là qu'elle connaît son affluence touristique maximum. L'annulation de nombreux pélerinages a entraîné la fermeture de nombreux hôtels. Sans parler de l'absence des touristes étrangers qui représentent normalement les deux tiers de sa fréquentation.

Un mois de septembre décevant

Si la reprise de juillet et août avait pu redonner des couleurs au secteur hôtelier régional, ce regain a été vite démenti en septembre. La reprise de l'épidémie de Covid-19 et le renforcement des restrictions sanitaires ont coupé les élans des voyageurs français. Et les confinements mis en place dans plusieurs pays n'ont pas été propices au retour de la clientèle étrangère. Le secteur enregistre donc une baisse de 35% par rapport à septembre 2019.

Les métropoles n'auront pas pu compter non plus sur le tourisme d'affaires. Entre travail à distance et annulation de nombreux évènements, il a par exemple chuté de 49% dans la métropole toulousaine.

 

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