Coronavirus : Ségolène Neuville, ex-secrétaire d’Etat de Manuel Valls, tacle le gouvernement sur sa gestion de la crise

Lors d’une séance publique exceptionnelle en visioconférence, l’Assemblée départementale des Pyrénées-Orientales a pris des mesures pour faire face à la crise du Covid-19. L’occasion pour présidente et vice-présidente socialistes d’attaquer le Gouvernement d'Edouard Philippe.

Vice-présidente socialiste du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, médecin au Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’hôpital de Perpignan et ex-Secrétaire d'Etat du gouvernement Valls, Ségolène Neuville fustige la gestion de la crise au niveau national.
Vice-présidente socialiste du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, médecin au Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’hôpital de Perpignan et ex-Secrétaire d'Etat du gouvernement Valls, Ségolène Neuville fustige la gestion de la crise au niveau national. © PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP
Confinement oblige, c’était donc par réseau social et moyens de visioconférence que les 34 conseillers départementaux des Pyrénées-Orientales étaient invités à se réunir ce lundi 20 avril en séance. Chacun depuis chez lui. Une session que le public, confiné lui aussi, a pu suivre sur le site « leDépartement66.fr » et en direct via la page de la collectivité territoriale sur un réseau social.
 
Une trentaine de conseillers départementaux des Pyrénées-Orientales confinés a siégé à distance et en visioconférence.
Une trentaine de conseillers départementaux des Pyrénées-Orientales confinés a siégé à distance et en visioconférence. © Olivier Meyer/FTV France 3 Occitanie


L’occasion d’abord de faire le point et d'entériner des mesures pour aider à lutter contre la propagation du virus, mais aussi ses impacts sur la vie quotidienne des habitants du département.

Un million de masques et 10 centres Covid-19

Un million de masques a été commandé par le Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales : 

Ces masques seront destinés aux professionnels du département qui interviennent dans les Ehpad, à domicile ou dans le domaine de l’enfance,
précise la présidente socialiste Hermeline Malherbe.


Coût ? Un million d’euros. Une première petite partie de ces masques a déjà été distribuée «pour compenser les déficiences de l’Etat», explique-t-elle. Mais la collectivité est toujours en attente du reste, en provenance de Chine ou de productions locales.

En un temps record, la création de dix centres de consultations Covid-19 a aussi été favorisée.

Selon Ségolène Neuville vice-présidente socialiste du Conseil Départemental et par ailleurs médecin au Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’hôpital de Perpignan, «le Département a montré une grande réactivité et une grande efficacité. En quelques heures il a été capable d’installer des locaux pour permettre des consultations dédiées dès le lendemain. Avec le Secours populaire, il a également pu fournir, quand d’autres avaient peur et renonçaient, une aide alimentaire aux plus précaires.»

Mais d’autres mesures ont aussi été prises :

L’ancienne secrétaire d'Etat fustige le gouvernement

Si une certaine unanimité a semblé transparaître ce lundi au sein de l’Assemblée reconstituée pour la première fois de son histoire grâce à internet, l’heure n’est visiblement pas à la concorde avec le Président de la République Emmanuel Macron et le gouvernement du Premier ministre Edouard Philippe.
Vice-présidente en poste, Ségolène Neuville a en effet profité de cette tribune pour rappeler en cette période si particulière : 

L’importance des impôts et cotisations sociales pour donner des moyens qui, on le voit aujourd’hui avec cette crise, font cruellement défaut à l’hôpital public.

Déplorant le manque de masques et de surblouses, l’ancienne secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion (d’avril 2014 à mai 2017) dans le gouvernement Valls a fustigé au passage la politique du gouvernement d'Edouard Philippe en la matière depuis 2018.
La présidente Hermeline Malherbe a renchéri en ajoutant qu’il n’y avait pas «l’unanimité derrière le gouvernement dans la manière dont la crise actuelle a été gérée jusqu’ici."

Car la crise rend encore plus criantes les inégalités sociales,
selon Françoise Fiter, conseillère départementale communiste.

A ce sujet, le Département continue de faire face aux missions sociales et médico-sociales qui sont les siennes. La collectivité s’est organisée pour rester au plus près des habitants. Les services publics ont été maintenus et restent accessibles grâce au télétravail mis en place pour près de 1100 salariés de l’institution. Maisons sociales de proximités, personnes handicapées, aide sociale à l’enfance, observatoire des violences faites aux femmes, etc…  continuent de jouer leurs rôles malgré les difficultés.  

Soutien à Jean Castex, « monsieur déconfinement »

Reste à faire face à présent à la crise socio-économique et au déconfinement.
A ce sujet Robert Vila, conseiller départemental LR, a envoyé « un message de soutien à Jean Castex » absent de l’Assemblée et pour cause : ce dernier vient d’être appelé par le premier ministre pour veiller à la mise en place des différentes schémas de déconfinement. Le maire Les Républicains de Prades devrait rendre sa copie d’ici une quinzaine de jours.   
 

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