Grève pour les salaires et le maintien des bureaux de poste à Perpignan, Montpellier et Roujan notamment

A Perpignan, à Montpellier, à Roujan et dans plusieurs villes d'Occitanie, les postiers sont en grève pour réclamer une revalorisation des salaires et l'arrêt de la suppression de bureaux de postes. Des perturbations sont à prévoir dans la distribution du courrier. 

Les postiers sont en grève dans tout le département, ici à Perpignan
Les postiers sont en grève dans tout le département, ici à Perpignan © G.Alacalay FTV

Pour cette journée nationale de grève, un rassemblement symbolique a eu lieu devant le bureau de poste de Roujan, petite commune près de Béziers. Pas moins de 150 personnes se sont réunies pour défendre la fermeture des bureaux de postes en milieu rural. Ici, les bureaux de Roujan, Lespignan, Nissan-les-Ensérunes sont menacés de fermeture à court ou moyen terme. 

" De nombreux bureaux de postes sont menacés de fermeture, ou alors de changement de statuts. Les salariés ne seraient plus payés par la Poste mais par la commune , " explique Emeric Bazalgette de la CGTFAPT. 

Dans de nombreux services (courrier, réseau, centres financiers...), "les luttes locales se multiplient" pour contester la "politique sociale inadmissible de La Poste" et son "plan stratégique", indique la CGT.

Ce plan, dénonce le syndicat, "accélère les suppressions de bureaux de poste ou de services, la précarisation avec des transferts d'activités à la soustraitance ou vers des filiales, l'ubérisation (URBY et Stuart), la généralisation des CDI intérimaires qui sont des CDD de 36 mois, l'accroissement et le développement des prestations dans un souci marchand".

 

Les postiers se sont rassemblés symboliquement à Roujan
Les postiers se sont rassemblés symboliquement à Roujan © CGTFAPT

Mauvais traitement 

Autre raison du rassemblement à Roujan : la défense d'un employé du bureau du village. Il subirait de mauvais traitements et risque d'être mis à pied. 
 

Depuis 2019, ce postier est seul au bureau et ne s'en sort pas. La Poste veut le mettre 3 mois à pied pour non-respect de procédure. Il n'a pas les moyens de travailler et on le lui reproche et le punit.  

Emeric Bazalgette, CGTFAPT

 

 

Précarisation 

A Montpellier, même combat avec un rassemblement à 10 heures ce matin devant la poste Rondelet. Avec en ligne de mire la dénonciation de la précarisation grandissante des salariés. 

 

C'est une vraie précarisation des salariés avec des intérimaires, CDD, sous-traitants. Ce sont de vrais salariés kleenex. Ils n'ont aucun statut. Dans certains services, il y a plus de précaires que d'employés en CDI, 

Emeric Bazalgette CGTFAPT

 

 

A Perpignan 

Ici aussi, la colère est générale au sein du personnel de la poste. Facteurs, guichetiers, techniciens, tous les métiers sont représentés et presque tous les syndicats. Ils expriment un malaise qui s'est installé depuis plusieurs années. A commencer par les réorganisations successives de l'entreprise qui impactent directement leurs conditions de travail. 

A chaque fois qu'il y a une réorganisation, on nous rajoute du travail ! On supprime nos tournées, la tournée est dispatchée sur les autres tournées et c'est une charge supplémentaire. Et depuis le Covid, il y a eu l'explosion des colis... 

Sylvie Humbert, factrice à Thuir

Au bureau de Perpignan 15 suppressions de postes seraient prévues pour cette année et la menace de fermeture plane toujours sur des bureaux en milieu rural.

Les employés réclament aussi le versement des primes d'intéressement et de covid. Toutes ces revendications, ils les ont exprimées dans la rue et au cabinet du préfet, en fin de matinée.  

 

Au niveau national 

"La non-reconnaissance du travail des postiers par la suppression de l'intéressement et le gel des salaires, la pression mise sur les congés, les réorganisations en cascade (...) ont nourri un fort sentiment d'injustice sociale", explique la CGT-FAPT dans un communiqué.

"Les moyens de bien faire leur travail"

"Les postiers exigent avant toute chose les moyens de bien faire leur travail pour assurer un service public postal de qualité, des emplois stables et qualifiés, plus de reconnaissance à travers les salaires ainsi que la prise en compte de leurs qualifications, des droits et garanties de haut niveau et plus de démocratie dans l'entreprise", ajoute le premier syndicat de La Poste.
 

Une "revalorisation des salaires de 300 euros"

Sur son site internet, le syndicat SUD-PTT réclame une "revalorisation des salaires de 300 euros", "l'arrêt des restructurations" et un "plan d'embauches massif".

Pour 2020, La Poste affiche un bénéfice net de 2,1 milliards d'euros, contre 822 millions en 2019.
 

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