Maison fissurées par la sécheresse : "ça coûte des milliers d'euros", la galère des propriétaires qui espèrent des indemnisations des assurances

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Écrit par Armelle Goyon .

La Fédération Française de l'Assurance publie ses prévisions sur le coût de la sécheresse 2022 : elle va coûter entre 1,9 et 2,8 milliards d'euros. Les conséquences sont encore visibles aujourd'hui avec des maisons fissurées partout en France. Dans les Pyrénées-Orientales, la commune de Saleilles a été particulièrement touchée.

Stéphanie et son mari ont acheté leur maison à Saleilles en 2012. Rien à signaler avant la sécheresse de l'été dernier, une sécheresse qui a laissé des traces.

 "J'ai constaté des fissures un peu partout, là, là et ici", montre-t-elle sur le mur de son jardin.  

La maison de Stéphanie a été construite sur un sol argileux. En période de sécheresse, le sol se rétracte et il se gonfle d'eau lors des épisodes pluvieux. Conséquence : les sols bougent et les maisons avec. 

"Le portillon, il s'est tellement affaissé que l'on ne pouvait plus du tout le fermer. J'étais obligée de prendre un tendeur et de l'accrocher à ce pilier pour maintenir la porte en position "appuyée", mais pas fermée, ce n'était pas possible", détaille -t-elle. 

Un dossier sur deux recalé

Cette mère de famille craint d'être cambriolée et ne laisse plus sortir son chien de peur qu'il ne s'échappe. Mais elle refuse de payer les travaux.

"Ca coûte des milliers d'euros, on est en période de grande inflation et tout a pris 30 %. Que ce soit les artisans ou le matériel. Surtout que l'on a fait des travaux d'amélioration, que l'on ne sait pas si on va y rester ou pas, et qu'en terme de revente, franchement, faire visiter sa maison avec des fissures, c'est pas possible",  constate Stéphanie Richard. 

Pour que Stéphanie puisse être indemnisée par les assurances, la commune a demandé un arrêté de  "catastrophe naturelle", auprès de la préfecture. La première étape d'un parcours du combattant.

"Le Préfet doit nommer un référent qui lui va venir sur site et qui va être la courroie de transmission entre les administrés, les assurances et les services de l'Etat pour que le Préfet fasse remonter au ministère toutes ces doléances", explique Jean Pezin, adjoint à la mairie chargé de la politique de la ville et de la sécurité.

Si Stéphanie est éligible à l'indemnisation, elle ne recevra rien avant l'été 2023. Mais selon les assurances, plus de la moitié des dossiers est recalée.

Ecrit avec Valentine Leboeuf.

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