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Menu sans porc dans les cantines : vers une proposition de loi

A Perpignan, fruits et légumes frais et locaux sont au menu.
A Perpignan, fruits et légumes frais et locaux sont au menu.

Après le rejet par la justice du référé visant à revenir sur l'arrêt des repas de substitution (sans porc) dans les cantines de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), un député veut une loi rendant obligatoires les menus végétariens. La polémique était partie de Perpignan en juin dernier.

Par Valérie Luxey

La polémique sur les menus de substitution dans les cantines scolaires n' pas connu de vacances cet été. Vendredi, c'était au tour du député Yves Jégo d'y aller de sa proposition. Il entend déposer dès la rentrée parlementaire une proposition de loi pour rendre obligatoire la présence d'un menu végétarien dans les écoles, un repas "sans viande ni poisson", pour, dit-il, permettre aux enfants qui "pour des raisons médicales, pour des raisons éthiques, pour des raisons religieuses ne veulent pas manger de viande" de ne pas être "stigmatisés".  "C'est simple, et cela garantit l'apport en protéines", a argumenté Yves Jégo (UDI).

Décision de justice

Ces déclarations font suite à la décision du tribunal administratif de Dijon. Jeudi 13 août, la justice a en effet rejeté un référé intenté contre la décision du maire de Chalon-sur-Saône de supprimer les menus de substitution (sans porc) dans les cantines scolaires. Le caractère d'urgence n'a pas été démontré, ont déclaré les magistrats, qui n'ont toutefois pas jugé l'affaire sur le fond.

Une polémique démarrée à Perpignan

Cette polémique nationale a éclaté en juin dernier, lorsque le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol (Les Républicains), a décidé le premier que les cantines des écoles de sa commune ne serviraient plus de repas de substitution mais un menu végétarien, suivi en cela par la mairie de Toulouse. 

Eviter les prescriptions religieuses

Sur notre antenne, Jean-Marc Pujol expliquait alors ainsi sa décision : "Chacun sait que les menus de substitution avaient un caractère confessionnel et, au-delà du porc, des enfants ne mangeaient pas parce que la viande n'était pas halal: on jetait 300 kilos de viande par semaine. J'ai beaucoup étudié la question et je propose un menu végétarien, pour lequel il n'y a pas de prescription religieuse, halal ou casher". Jusque-là, les cantines scolaires de la cité catalane servaient un quart de menus sans porc.

15% de parents intéressés

Le maire de Perpignan avait à l'époque indiqué que 15% environ des parents inscrivant leurs enfants à la cantine pour la rentrée prochaine avaient fait le choix du menu végétarien (incluant oeufs, steaks de soja et légumineux), malgré une contrainte non négligeable: une fois choisi, il doit être consommé quotidiennement au moins huit semaines (entre deux périodes de vacances scolaires), "pour des raisons logistiques".

L'engagement d'intellectuels en faveur du végétarisme 

La création d'un menu végétarien dans les cantines scolaires avait été proposée dès la fin du mois de mars 2015 dans une tribune au journal Le Monde signée par des intellectuels, dont le moine bouddhiste et écrivain Matthieu Ricard, comme étant "celui qui convient au plus grand nombre - musulmans, juifs, chrétiens, athées ou autres". Les signataires, dénonçaient aussi la tentation "d'utiliser le porc ou la laïcité pour attiser la haine confessionnelle et diviser les Français".

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