Perpignan : des historiens catalans enquêtent pour retrouver l'identité des victimes de la guerre civile en Espagne

Pour la première fois, trois historiens viennent enquêter sur le terrain pour retrouver les identités de réfugiés espagnols morts à Perpignan pendant la guerre civile. Leur terrain de recherches : le cimetière de l'Ouest de la capitale du Roussillon.
Trois historiens enquêtent au cimetière de l'Ouest à Perpignan pour retrouver la trace de réfugiés espagnols - 20 juillet 2021.
Trois historiens enquêtent au cimetière de l'Ouest à Perpignan pour retrouver la trace de réfugiés espagnols - 20 juillet 2021. © FTV - F.Savineau

Au cimetière de l’Ouest à Perpignan, trois historiens catalans viennent mener l’enquête sur le terrain pour la première fois. Ils sont à la recherche d’une fosse commune où ont été inhumés de nombreux républicains espagnols condamnés à l’exil.

Comme seuls documents pour les aider : d'anciennes photos et une liste de 1.500 victimes de la guerre civile enterrées à Perpignan : "Ceux qui étaient enterrés dans cette fosse venaient pour la plupart des hôpitaux de Perpignan, pour l’essentiel il s’agissait de réfugiés de guerre provenant des camps d’internement montés à la hâte sur les plages des Pyrénées-Orientales"  Jordi Oliva, historien.

Aujourd'hui, la fosse commune n'existe plus.

Les corps ont été déplacés dans un ossuaire sous forme de dalle. Lors des recherches, une plaque interpelle les historiens. Celle de Fernando Cires. Tout de suite, ils retrouvent ce nom sur la liste des victimes disponible en ligne. L’homme est déclaré mort à 31 ans : « En effet, à la position 365 de la liste on trouve Fernando Cires, on observe qu’il est né en 1920 à Barcelone, on sait qu’il est mort à l’hôpital militaire de Perpignan le 23 février 1939 », explique Jordi Oliva, historien.

Fernando n'est donc pas mort à 31 ans mais à 19 ans.

Corriger les erreurs et traquer les indices...

Corriger les erreurs, traquer les indices, consulter registres et archives... Pour sortir les victimes de l’anonymat.

"C’est important parce qu’il y a beaucoup de familles qui sont toujours en train de chercher leurs parents, leurs oncles. Nous sommes en train de faire une liste de tous les morts condamnés à l’exil et c’est une chose qui n’avait jamais été faite", explique Noémi Riudor, historienne.

Sur la stèle hommage à Lluis Companys, ancien président de la Generalitat fusillé par les franquistes, une seule phrase dit tout : "A la mémoire de tous ceux qui sont morts durant l'exil".

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