Perpignan : une marque catalane d'espadrilles entre au Louvre

Collaborer avec le Louvre, une reconnaissance royale pour la société perpignanaise de confection d’espadrilles. Après sa participation à l’exposition Made in France à l’Elysée et sa présence dans plusieurs grands magasins parisiens, Payote poursuit son ascension.
 

Olivier Gelly, le créateur de la marque d'espadrilles Payote - Juin 2017
Olivier Gelly, le créateur de la marque d'espadrilles Payote - Juin 2017 © MAXPPP

Avoir la Joconde à ses pieds

Quand j’ai eu le Louvre au téléphone, je n’y croyais pas. C’est une magnifique surprise. Ça fait à peine 4 ans que Payote existe, alors quand le Louvre vous propose de travailler avec lui … et puis on est une petite équipe donc on est hyper contents, comme des enfants devant leur cadeau de noël 

Olivier Gelly n’en revient toujours pas. Fondateur de la marque Payote, installée à Perpignan, ses espadrilles feront bientôt leur entrée au Louvre. Le musée emblématique parisien et le plus visité au monde a proposé à la société catalane d’associer son talent à celui d’Antoine Corbineau. L’illustrateur multidisciplinaire est mondialement connu pour ses créations dans le milieu du design et de la publicité. Le Louvre lui consacrera une exposition pendant l’été 2021.

« L’exposition devait avoir lieu cet été mais tout a été décalé d’un an à cause de la crise covid. Le Louvre nous a confirmé qu’il maintient le projet pour l’été prochain. Je suis ravi, en plus j’adore cet artiste, ses plans d’illustration de Paris. C’est un peu l’esprit minecraft. »

 

Les espadrilles catalanes de la marque Payote, seront bientôt proposées à la vente de la boutique du Louvre.
Les espadrilles catalanes de la marque Payote, seront bientôt proposées à la vente de la boutique du Louvre. © M. Cheveraux/France3Paris

Les espadrilles « édition spéciale Corbineau » trôneront donc dès l’été prochain dans la boutique du musée. Mais Olivier Gelly n’en reste pas là et a suggéré au musée parisien d’élargir leur collaboration.

J’ai proposé au Louvre d’utiliser des peintures symboliques du musée et de les mettre sur nos espadrilles. Ils m’ont répondu « on adore les choses comme ça, faites-nous des propositions."  

La jeune équipe dynamique de 11 personnes s’est immédiatement mise au travail pour proposer des modèles à l’effigie notamment de la célébrissime Mona Lisa de Léonard de Vinci.

On est en pleine création, dans la phase de recherche des matériaux. Le but est d’utiliser un maximum de matières écoresponsables.

Un projet en cours d’élaboration que l'entreprise catalane espère voir valider par le Louvre prochainement et qui lui offrirait une prestigieuse fenêtre sur le monde.

La petite entreprise catalane ne connait pas la crise

Les bureaux de la société Payote à Perpignan.
Les bureaux de la société Payote à Perpignan. © FTV


Après la mise au point de l’espadrille qui sent bon, la sortie de l’espadrille fourrée, qui soit dit en passant a cartonné cet hiver, c’est la participation à l’exposition « Made in France » à l’Elysée en janvier dernier qui a servi de déclencheur à de nouveaux partenariats. La démarche écoresponsable de Payote, invitée parmi 120 autres produits français, n’est pas passée inaperçue et a également tapé dans l’œil d’une grande enseigne française de prêt-à-porter masculin.

 Ils ont adoré notre univers, ce côté coup de fraîcheur sur l’espadrille, les toiles en bouteilles plastiques recyclées … ils nous ont dit que ça collait avec les valeurs de Jules 

De cette rencontre est née une collaboration et la création de modèles spécifiques pour la marque dont un est déjà en vente en ligne.

Si la crise du coronavirus est venue quelque peu perturber et décaler la fabrication et la sortie de certains modèles, on peut dire que Payote en sort la tête haute.  

Cette année, en l’espace de 6 mois, on a déjà dépassé notre chiffre d’affaires de 2019.

Olivier Gelly ne cache pas sa satisfaction et son soulagement pour sa jeune entreprise :

Les gens étaient à la maison et comme nous on est essentiellement présents sur internet…. Je pense que les gens ont eu envie de rester en pantoufles à la maison et puis ils ont préparé leur déconfinement. 

 

Pour l'été mais aussi pour l'hiver, la start up catalane affiche 350 modèles au catalogue
Pour l'été mais aussi pour l'hiver, la start up catalane affiche 350 modèles au catalogue © FTV
Un surcroit d’activité durant la période de crise qui a demandé une organisation particulière à l’entreprise. D’autant que celle-ci a souhaité, par ailleurs, apporter sa contribution solidaire. « En plus de nos espadrilles et avant le confinement, on s’est mis à fabriquer des masques. On ne pouvait pas laisser les gens comme ça. On a eu des demandes de toute la France. En tout on a donné 55 000 masques. » Soit 25 000€ de toile.

Ouverture d’une boutique et d’un atelier de fabrication à Perpignan

Avec une production annuelle qui oscille entre 80 000 et 100 000 paires d’espadrilles, l'entreprise est fière de proposer une gamme de 350 modèles. L’ensemble de la fabrication est depuis 2016 confiée à Megam, une petite usine familiale de 14 employés, installée à Mauléon au cœur du Pays Basque. Un savoir-faire qui se transmet depuis plus de 150 ans dans la plus pure tradition et le respect du produit. Les projets de développement de la société catalane les ont toutefois amenés à projeter l’implantation d’un second atelier de fabrication à Perpignan.

L’atelier de Perpignan sera axé sur les espadrilles personnalisées. Cela nous permettra de mieux répondre à la demande, de mieux contrôler le design. Il y aura un pôle créatif, logistique, administratif et de fabrication. On aimerait également faire visiter et découvrir nos modes de fabrication. On reçoit beaucoup de demandes en ce sens.  C’est le cœur de la transparence et c’est ce que les gens veulent. Par contre, on conserve évidemment notre collaboration avec Mauléon. Ils ont cru en nous depuis le début. Le but est juste de désengorger l’atelier basque quand il arrive des demandes de fabrication qui n’étaient pas prévues au calendrier.

Mauléon et Perpignan, deux pôles de fabrication pour mieux répondre à la demande. Payote grandit et s’agrandit.

 

Olivier Gelly, fondateur de la marque d'espadrilles catalanes, veut rapatrier la production en France.
Olivier Gelly, fondateur de la marque d'espadrilles catalanes, veut rapatrier la production en France. © FTV

Aujourd’hui, 12 millions d’espadrilles sont vendues chaque année en France et 9 millions arrivent de Chine.

En l’espace de quelques années, la jeune équipe catalane a su se construire une solide réputation et une activité constante, tout au long de l’année qui donne à Payote des envies d’un peu plus.

On y va petit à petit. Demain si on nous demande une série spéciale de 40 000 exemplaires, on ne peut pas fournir immédiatement.


 En automatisant certaines étapes de fabrication, Payote espère bien pouvoir ainsi améliorer le rendement et augmenter le volume de ventes d’espadrilles Made in France.  

Et comme avec les catalans, un projet n’arrive jamais seul, une boutique ouvrira ses portes dès le mois de juillet dans la zone du Polygone Nord à Perpignan, tout à côté des bâtiments administratifs de la marque.

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